Archive for avril 2015

L’écrin aux perles.

28 avril 2015

Toutes les nuits il faut que je me réveille au moins une fois, je ne connais pas de nuits au sommeil ininterrompu. Pour moi ça fait partie des fantasmes. Quand les garçons étaient encore bébés, ça m’arrivait jusqu’à une dizaine de fois par nuit ou plus.

Je me réveille souvent je pense, à la fin ou à l’interruption brutale des programmes rêvés.  Je ne connais pas de moments de perte de la réalité, je suis tout de suite consciente : où je suis, quel jour on est demain, ce qui s’est passé la veille,  …etc.

Quand je me réveille, c’est pour en fait passer un coup  de radar, écouter si tout va bien partout. Ou bien pour avoir un coup de génie. Une idée qui me semble tout de suite brillante, et alors j’essaie de l’attraper, de la noter dans ma mémoire pour pouvoir la réécrire le matin. Parfois ça marche et d’autres pas.

C’est comme un écrin ouvert avec une très jolie perle dedans. J’essaie d’attraper la perle, le matin, je la retrouve telle quelle splendide, ou bien plus petite, ou alors ébréchée, de moindre qualité. Quand on a une idée d’écriture il est rare de savoir la rendre comme elle existe dans notre esprit. Les paroles ne couvrent jamais totalement la pensée. La pensée est puissante, les mots sont souvent faibles. En tous cas en ce qui me concerne.

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Mon cher fils

27 avril 2015

Mon cher fils, tu me reproches d’être laide

Mais mon fils, tu es beau

Et c’est moi qui t’ai fait

Si j’étais belle tu serais divin

Et les femmes se tailladeraient les mains en te voyant

Et elles s’arracheraient les cheveux

Et tu ne trouverais pas chaussure à ton pied.

Mon cher fils, tu me reproches d’être grosse et grasse

Mais mon fils, sans cette graisse

Tu ne trouverais nulle part où réchauffer

Tes pieds givrés chaque nuit.

Mon cher fils, tu me reproches d’être radine

Mais mon fils, sans mon sang et ma chair

Tu ne serais pas né

Sans mon lait tu n’aurais pas poussé

Et tu ne serais pas devenu le presque homme que tu es.

Mon cher fils tu me reproches de te traiter de demi-homme

Mais mon fils, si tu étais un homme tu serais parti

Et tes reproches laisseraient un vide dans ma vie.