Archive for mai 2016

Hommage 2016 II

31 mai 2016

Je sais que tu m’entends

Où que tu sois

Je sais que tu es dans un endroit magnifique

Et que tu nous attends patiemment

Je sais que tu nous vois

J’en suis convaincue

Tu es à côté de moi

Je le sens tous les jours

Bon anniversaire à toi

Tu seras à jamais dans mon cœur

Et je te rejoindrai

Quand le temps voudra

Je me blottirai dans tes bras

Pour l’éternité.

Papa.

 

 

Noury Bouraoui né le 31 Mai 1922.

Décédé le 3 Janvier 1984.

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Hommage 2016 I

31 mai 2016

En Jebba ou en Smoking
Avec une berbère ou avec Marilyn
En Marcel ou chez le président
En voiture ou à motocyclette
A la plage ou à la campagne
Tout te va tout te sied

Nouveau croquis

25 mai 2016

Ça faisait longtemps que je n’ai pas dessiné. 
Ce samedi j’ai pris un carnet et des crayons et je me suis lancée. 
Voilà le résultat. 
So, who is it?

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Témoignage 5

18 mai 2016

Mon premier souvenir de l’après opération est drôle. Je suis allongée bien sûr, et un visage se penche sur moi, encore un  beau mec, barbu mais beau. (Il n’est pas habillé en rouge, je ne suis pas en enfer, il n’est pas habillé en vert, je ne suis pas au paradis, il est en bleu, hourrah, je suis en vie). Et du coup je tends la main et lui caresse le visage, le mec n’en revient pas.

« Oh, elle est gentille ! ».

Je ne sais où je suis allée chercher un tel raisonnement, mas ça devait être l’effet de l’anesthésie, ça te remet le système à zéro et on en revient à une logique à deux balles, binaire, primaire, avant de refaire un apprentissage, mais rapidement.

Bénie soit la jeunesse qui fait qu’on ne s’inquiète pas de son état malgré sa gravité. Mais après l’opération je me réveillais avec une autre conscience. Celle de la vie. Finalement j’y tenais, je ne lui étais pas indifférente, et elle ne m’était pas indifférente.

Témoignage 4

18 mai 2016

Là je devais encore attendre, il devait être minuit ou une heure du matin. Il faut dire que ça faisait peut être 48 heures que j’étais déconnectée. Entre-temps, un ami arriva, le cousin de mon ex qui m’appréciait beaucoup. Entre lui et Aïda je ne me sentais pas seule, mais j’étais dans un état second. Et une fois que j’avais compris et intégré la chose, je me laissais plus ou moins faire, ma résistance fléchissait. La première défaillance vint quand j’eus envie d’aller aux toilettes. Ahmed m’y emmena-toute honte ou fausse pudeur n’avait pas lieu d’exister- mais l’effort du pipi m’acheva, je m’évanouissais sur place.

Je me réveillais, j’étais dans une chambre et une femme s’affairait autour de moi à me laver avec une éponge, et m’épiler avec un rasoir. Je frissonnais, j’avis froid, je suais, toutes mes sensations étaient bizarres, faussées. Je me souviens que la dame avait l’air typée -comme ils disent là bas-, et effectivement elle me dit s’appeler Zina et me souhaita bonne chance en partant.

Tout de suite après elle fût remplacée par une infirmière qui vint me sucer le sang (façon de parler, elle me retira du sang), en m’expliquant que ce serait nécessaire pour avoir mon type et pour me le réinjecter au cas où on en manquerait (mais qu’est ce que j’en ai à foutre, bon sang, faites ce que vous avez à faire et laissez moi tranquille). Pourquoi se sentaient ils obligés de me raconter leurs vies, hein ?

Il devait être 4h, ou 3h du matin. Je n’en avais aucune idée. Le reste de la nuit se passa dans un brouillard. Le matin le médecin vint me voir et m’informa que j’étais la deuxième sur sa liste après une autre urgence. (Moi qui croyais être ce qu’il y avait de plus urgent, il faut croire qu’il y avait pire, ou pas ?)

On commence à me préparer, peut être vers 10 h du matin. Un type s’approche de moi :

– « C’est vous la Tunisienne ? »

J’acquiesce, car je ne parlais plus. Il m’embrasse sur le front.

– « Je suis le Dr Taïeb, et je suis d’origine Tunisienne, je serai votre anesthésiste, bonne chance ma belle ».

J’en avais les larmes aux yeux. Un juif tunisien, solidaire avec une tunisienne musulmane, vierge de 28 ans. Il fut le seul à ne pas m’en faire la remarque.

On m’emmène au bloc, et pfiiiiiiiiiiiiiiiit, ma mémoire est vaporisée à partir de cet instant. Oh, si un souvenir quand même, l’anesthésiste qui me dit de commencer à compter, je le regarde d’un air dédaigneux (est ce que j’ai l’air de pouvoir compter ?). Résultat, il se met à compter tout seul et moi je ferme les yeux pour lui et flop, je suis plus là.

Il paraît que ça a pris des heures, des plombes.

Témoignage 3

18 mai 2016

Et comme ça d’hôpital en hôpital, d’un médecin à l’autre, mes tribulations durèrent une dizaine de jours. Jusqu’à ce qu’un jeune externe à Saint Antoine, -qui après s’être bien foutu de ma gueule avec sa clique qui n’en revenaient pas que je fusse encore vierge-me mit en garde contre l’appendicite, me disant que probablement j’aurais des nausées, ou vomissements en même temps que des ténesmes (impossibilité de faire quoi que ce soit aux toilettes alors qu’on en a vachement envie). Et c’est ce qui m’arriva les jours suivants.  Le temps que je réagisse, le mal était déjà fait. Cette nuit-là, j’étais chez ma copine égyptienne. Je ne pouvais plus parler, ni penser, ni rien du tout. Ma douleur aux viscères était devenue incroyable. Le studio de ma copine faisait peut être vingt mètres carrés. Je me déplaçais à genoux entre le lit et les toilettes (dans une espèce de box dans lequel un homme ou une femme de plus de 65 kilos ne pourrait entrer). Dans les toilettes, je ne savais pas ce que je devais faire, avancer la bouche vers la cuvette pour éventuellement vomir ou présenter mon derrière pour éventuellement n’arriver à rien faire. Je ne pleurais même pas, je ne gémissais pas. La douleur était au-delà de toute expression, de tout gémissement. Je ne faisais que marcher à quatre pattes. Ma copine n’y tenant plus appela les pompiers qui arrivèrent aussitôt. Et malgré mon état plus que second, je me faisais la réflexion suivante en voyant l’un d’eux « Mince qu’est ce qu’il peut être beau ce mec ! ».  Le beau gosse décréta qu’il ne pouvait rien faire, mon état étant très grave ils n’avaient pas le droit de me toucher, (dommage, c’est bien ma veine me dis je) on devait donc appeler un médecin pour qu’il autorise mon déplacement.

Une fois arrivé ce dernier me demande ce qui m’arrive, je lui réponds que c’était peut-être une appendicite (j’avais bien imprimé ce que m’avait dit le jeune médecin des urgences). Le docteur essaie de me toucher le côté, se trouve face à un bloc de pierre,  et dit : « On en est plus à ce stade je crois ! ». Il appelle illico une ambulance, un quart d’heure plus tard, un grand noir se présente-la chambre de ma copine était déjà full- tout en sueur, j’ai oublié de préciser qu’Aïda (non, ce n’est pas un cliché), habitait au 6ème sans ascenseur et qu’il y avait de surcroît un étage supplémentaire, appelé entresol mais qui comportait deux marches de plus que les autres étages, un étage magique en quelque sorte.

Le grand noir sympathique-décidément ce soir là je trouvais tout le monde sympathique– me prit dans ses bras et descendit les escaliers avec moi. Les deux infirmiers me calèrent sur le brancard, firent monter Aïda et nous primes la route de l’hôpital du 11è arrondissement, c’est-à-dire, encore une fois Saint Antoine (Merde, j’espère qu’ils ne vont pas me tuer). Mais une fois arrivés ceux-ci nous redirigent vers une autre clinique pour je ne sais quelle défaillance. Autre ambulance, autres infirmiers, autre déménagement. Finalement j’arrivais à la clinique Léonard de Vinci (si c’est pas un signe, qu’est ce que c’est ?).

Témoignage 2

17 mai 2016

Une de ces malheureuses nuits je fus hospitalisée à Saint Antoine, voyant l’état dans lequel j’étais ils préférèrent me garder et m’ « observer ». D’ailleurs c’est tout ce qu’ils furent capables de faire, m’observer  🙂 Je fus placée dans une chambre de l’hôpital, on dirait l’une de nos cliniques, juste pour y passer la nuit. Parfois quelqu’un venait me poser des questions, mais on aurait dit que c’était pour la forme. Puis, on ramena une vieille dame pour occuper le deuxième lit. Je compris que la dame était perdue, que la police l’avait retrouvée, mais pas identifiée et ils l’amenèrent à l’hôpital car elle fit un malaise dans la rue. Elle n’arrêtait pas de jacasser, et moi dans mon état déplorable, je fis pourtant mon possible pour l’aider. Parfois elle me parlait comme si elle me connaissait, et parfois elle se tournait vers moi, me regardait d’un drôle d’air en disant : Oh, mais qui êtes vous à la fin ? Non, mais !!!

Plusieurs fois elle eut envie d’aller aux toilettes et comme elle se déplaçait difficilement je l’y emmenais, moi pliée par la douleur et elle par l’âge.

Finalement la nuit se passa, en discussions, hébétements, plaintes, allers retour des infirmières, etc…

Le lendemain le chef de services nous visita, elle posa pas mal de questions à la dame, j’en trouvais une bonne partie, idiotes. Il était clair que la dame souffrait d’Alzheimer, et pourtant je sentais le médecin en train de creuser pour voir de quoi elle souffrait.

Puis elle s’occupa de moi, et c’est là qu’elle me proposa son fameux lavement, que je refusais –par intervention divine, par intuition, par paresse, par envie-de-me-tirer-de-là-le-plus-vite-possible- qu’en sais je ?

Témoignage 1

17 mai 2016

Imaginez quelqu’un qui souffre depuis une quinzaine de jours, des nausées, des picotements dans le ventre, le fait de ne pas se sentir normale, des crampes, mais qui marche parle, interagit normalement avec les gens, le boulot …etc. Puis vint le temps de retourner à Paris pour chercher ma voiture. Je pris l’avion, et j’arrivais en France. Une fois sur place les choses s’accélérèrent. J’avais mal tous les soirs et je vivotais le jour.

Nuit après nuit je visitais les urgences, les médecins de garde, les médecins internes, les hôpitaux. Une nuit je fus hospitalisée, une autre on me garda jusqu’à une heure du matin. Sans résultat, sans compter qu’on a failli me tuer. A Saint Antoine, la doctoresse, chef de service, une idiote pure et dure, ne sachant de quoi je souffrais et n’y comprenant rien me proposa de me faire un lavement. Heureusement que je refusais. Plus tard j’appris que ce traitement m’aurait envoyée direct au ciel (ou en enfer).

Jour après jour je faisais des analyses de tous mes fluides et aussi mes solides, souvent accompagnée par une amie ou un ami. Nous marchions ensemble, moi pliée par la douleur. J’allais récupérer les résultats, j’allais voir d’autres médecins, dans leurs cabinets cette fois ci. Plusieurs faillirent me convaincre que j’étais atteinte de tourista. Venant d’un pays de l’Afrique du Nord, et y étant retournée pour quelques semaines, je ne supportais plus l’alimentation ni le climat de mon pays. Chose à laquelle je ne crus pas.

Bref, aucun médecin ne devina de quoi il s’agissait. Parce que j’avais l’impression qu’ils devinaient plutôt que de mettre en pratique leurs études, ou bien utiliser leurs machines, radio, scanner, écho, et j’en passe. Je souffrais presque tout le temps, mais je continuais à vaquer à mes occupations, pour lesquelles j’étais retournée en France. Toutes les nuits pourtant, la souffrance devenait presque intolérable. Un troisième type de médecin se déplaça chez moi, enfin là où je créchais cette nuit là, chez une amie ou un autre. Un médecin en particulier, ne sachant quoi faire, m’injecta un anti-douleur puissant, dans les fesses. Pour un moment j’oubliais ma douleur au ventre et me concentrais sur la nouvelle douleur, la pire injection de ma vie. J’en porte encore la cicatrice. La main la plus lourde que j’aie jamais connue.