Archive for the ‘Ecriture’ Category

Amour ardent

26 avril 2018

Qui n’a connu un amour ardent

Insatisfait, il n’a pu s’éteindre au fil du temps

Ses cendres, crépitent sous un masque brûlant

Et qui au moindre souffle de vent,

s’embrasera à nouveau

et te laissera pantelant.

 

Publicités

Vais-je arrêter de compter?

2 janvier 2018

Arrêterai-je un jour de compter?
Le compte va certainement s’arrêter un jour.
Quelqu’un d’autre le reprendra?
Pour qui compteras tu à ce moment là?
Et moi ai-je changé les comptes de cette manière-là?
Tout compte fait la tristesse est toujours là.
Tu comptes pour moi et tu compteras toujours.
Tu me manques, ça tu le sais?
Tu me manques plus que jamais.
J’ai effacé pas mal de lignes
Que j’ai écrites en oubliant,
Que quelqu’un pour qui je compte les lira.
Le vide que tu as laissé ne cesse de grandir.
Je ne compte pas m’arrêter.
Du moins pas cette année.

Je t’embrasse Papa
et n’oublie pas de venir me voir en rêve.

Le lion, le loup et le renard.

22 mars 2017

Il était une fois, et une fois n’est pas coutume, justement, un lion, un loup et un renard qui s’étant acoquinés, on ne sait comment, voguaient ensemble depuis un certain temps, pour chercher leur pitance et quelque fois discuter comme de vieux copains.

Mais la confiance ne régnait pas, loin de là. Le loup et encore plus le renard se méfiaient pas mal de leur acolyte, connu dans le monde animal par son égoïsme impitoyable.

Un jour qu’ils avaient tous trois terriblement faim, ils tombèrent comme par magie sur un autre trio un peu moins surprenant : un âne, un mouton, et un coq, occupés l’un à picorer ici et là,  et les autres à paître l’herbe alentour.

Le lion se tourna vers ses camarades et dit :

-Comment voyez-vous le partage mes chers amis?

Le loup, tout imbu de lui même et trop tenté par la pitance pour se méfier et mieux réfléchir avant de parler, avança et répondit :

-Je vois, que vous le plus fort d’entre nous trois, devriez manger l’âne. Moi qui viens en deuxième position en force et en taille, je devrais me régaler avec le mouton, tandis que notre petit ami, là -en désignant dédaigneusement le renard- devrait se contenter du coq.

Mécontent le lion n’y alla par quatre chemins, et trancha d’un coup de griffe la tête du loup qui dégringola vers le renard.

-Et toi, renard, que me proposes tu?

Le renard encore tout tremblant de la scène qui venait de se jouer devant lui, s’éclaircit la gorge et dit :

-Je vois sire, que ce matin, vous devriez vous mettre en bouche avec le mouton. A midi et quand vous serez en appétit, vous déjeunerez avec l’âne. Et ce soir, avant de vous coucher, je vous préparerai une bonne soupe légère avec le coq, qui ne vous dérangera pas l’estomac.

Le lion, satisfait mais étonné :

-Bravo renard, tu es bien avisé, où as tu appris cette manière de partager?

-Je viens de l’apprendre sire, grâce à la tête du loup qui roula entre mes pattes!

Coupable

14 décembre 2016

Ton père

Ton violeur

Ton juge

Et les témoins

T’ont déclarée

« Coupable »

Coupable d’enfance

Coupable de pureté

Coupable de faiblesse

Tu t’es laissée faire

Tu l’as séduit

Lui est innocent

Il s’est fait embobiner

Par ta candeur

Tu t’es fait convoiter

La luxure c’est toi

Lui n’est coupable de rien

A treize ans on peut mourir

Non pas une fois

Mais deux

La première quand tu es violée

Et la deuxième quand tu es mariée

Tu es entrée dans un tunnel sombre et sans fin

Jusqu’à la fin de tes jours

Tu subiras le même assaut

Au dessus de toi, il te forcera

Comme la première fois

Même cauchemar

Même torture

Jamais tu n’oublieras

Et ce sera ta punition

De t’être laissée faire

De t’être fait convoiter.

 

 

 

 

PS: En Tunisie (pays prétendument précurseur dans le droit des femmes) une petite fille, une enfant, a été violée. Ensuite, elle a été mariée à son violeur?!

Selon une loi barbare (227 du code pénal), si le violeur consent à se marier avec sa victime, toutes les charges sont abandonnées.

Si le mari veut divorcer avant 2 ans depuis la date du mariage, les charges sont reprises.

Si elle veut divorcer, on s’en fout.

Voici le fameux article :

Article 227 bis (Nouveau)

Est puni d’emprisonnement pendant six ans, celui qui fait subir sans violences, l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de quinze ans accomplis.
La peine est de cinq ans d’emprisonnement si l’âge de la victime est supérieur à quinze ans et inférieur à vingt ans accomplis.
La tentative est punissable.

 

Attention, on ne dit nulle part « viol« . On dit : « Je te fais subir un acte sexuel sans violences ».

Faire subir et sans violences, ne se conjuguent pas dans une même phrase déjà.

Et si je fais subir sans violences un acte sexuel à un enfant de sexe masculin? On fait quoi, je me marie avec lui?

Ou les garçons ne peuvent pas être violés? Ou alors on peut et on ne craint rien côté justice?

Quelque part il y a aberration. Et je suis enragée. Nous sommes plusieurs à être enragés. Mais nous sommes coupables aussi si on ne fait rien.

 

 

 

Les graphies du son k

29 novembre 2016

Le képi du flic est sur la direction. A côté du volant il y a le klaxon. La clameur de la foule me casse les oreilles, je claque la vitre pour ne plus les calculer. Le silence de l’habitacle me calme les nerfs. Merci mon dieu, je suis requinquée. Ecrit après avoir trinqué avec une vodka tonique.

La maîtresse de mon fils lui a demandé d’écrire un paragraphe avec les graphies du son « k ». Voici ma participation. Heureusement que je ne l’ai pas envoyée.

Hommage 2016 II

31 mai 2016

Je sais que tu m’entends

Où que tu sois

Je sais que tu es dans un endroit magnifique

Et que tu nous attends patiemment

Je sais que tu nous vois

J’en suis convaincue

Tu es à côté de moi

Je le sens tous les jours

Bon anniversaire à toi

Tu seras à jamais dans mon cœur

Et je te rejoindrai

Quand le temps voudra

Je me blottirai dans tes bras

Pour l’éternité.

Papa.

 

 

Noury Bouraoui né le 31 Mai 1922.

Décédé le 3 Janvier 1984.

20160531_075203

Hommage 2016 I

31 mai 2016

En Jebba ou en Smoking
Avec une berbère ou avec Marilyn
En Marcel ou chez le président
En voiture ou à motocyclette
A la plage ou à la campagne
Tout te va tout te sied

Témoignage 5

18 mai 2016

Mon premier souvenir de l’après opération est drôle. Je suis allongée bien sûr, et un visage se penche sur moi, encore un  beau mec, barbu mais beau. (Il n’est pas habillé en rouge, je ne suis pas en enfer, il n’est pas habillé en vert, je ne suis pas au paradis, il est en bleu, hourrah, je suis en vie). Et du coup je tends la main et lui caresse le visage, le mec n’en revient pas.

« Oh, elle est gentille ! ».

Je ne sais où je suis allée chercher un tel raisonnement, mas ça devait être l’effet de l’anesthésie, ça te remet le système à zéro et on en revient à une logique à deux balles, binaire, primaire, avant de refaire un apprentissage, mais rapidement.

Bénie soit la jeunesse qui fait qu’on ne s’inquiète pas de son état malgré sa gravité. Mais après l’opération je me réveillais avec une autre conscience. Celle de la vie. Finalement j’y tenais, je ne lui étais pas indifférente, et elle ne m’était pas indifférente.

Témoignage 4

18 mai 2016

Là je devais encore attendre, il devait être minuit ou une heure du matin. Il faut dire que ça faisait peut être 48 heures que j’étais déconnectée. Entre-temps, un ami arriva, le cousin de mon ex qui m’appréciait beaucoup. Entre lui et Aïda je ne me sentais pas seule, mais j’étais dans un état second. Et une fois que j’avais compris et intégré la chose, je me laissais plus ou moins faire, ma résistance fléchissait. La première défaillance vint quand j’eus envie d’aller aux toilettes. Ahmed m’y emmena-toute honte ou fausse pudeur n’avait pas lieu d’exister- mais l’effort du pipi m’acheva, je m’évanouissais sur place.

Je me réveillais, j’étais dans une chambre et une femme s’affairait autour de moi à me laver avec une éponge, et m’épiler avec un rasoir. Je frissonnais, j’avis froid, je suais, toutes mes sensations étaient bizarres, faussées. Je me souviens que la dame avait l’air typée -comme ils disent là bas-, et effectivement elle me dit s’appeler Zina et me souhaita bonne chance en partant.

Tout de suite après elle fût remplacée par une infirmière qui vint me sucer le sang (façon de parler, elle me retira du sang), en m’expliquant que ce serait nécessaire pour avoir mon type et pour me le réinjecter au cas où on en manquerait (mais qu’est ce que j’en ai à foutre, bon sang, faites ce que vous avez à faire et laissez moi tranquille). Pourquoi se sentaient ils obligés de me raconter leurs vies, hein ?

Il devait être 4h, ou 3h du matin. Je n’en avais aucune idée. Le reste de la nuit se passa dans un brouillard. Le matin le médecin vint me voir et m’informa que j’étais la deuxième sur sa liste après une autre urgence. (Moi qui croyais être ce qu’il y avait de plus urgent, il faut croire qu’il y avait pire, ou pas ?)

On commence à me préparer, peut être vers 10 h du matin. Un type s’approche de moi :

– « C’est vous la Tunisienne ? »

J’acquiesce, car je ne parlais plus. Il m’embrasse sur le front.

– « Je suis le Dr Taïeb, et je suis d’origine Tunisienne, je serai votre anesthésiste, bonne chance ma belle ».

J’en avais les larmes aux yeux. Un juif tunisien, solidaire avec une tunisienne musulmane, vierge de 28 ans. Il fut le seul à ne pas m’en faire la remarque.

On m’emmène au bloc, et pfiiiiiiiiiiiiiiiit, ma mémoire est vaporisée à partir de cet instant. Oh, si un souvenir quand même, l’anesthésiste qui me dit de commencer à compter, je le regarde d’un air dédaigneux (est ce que j’ai l’air de pouvoir compter ?). Résultat, il se met à compter tout seul et moi je ferme les yeux pour lui et flop, je suis plus là.

Il paraît que ça a pris des heures, des plombes.

Témoignage 3

18 mai 2016

Et comme ça d’hôpital en hôpital, d’un médecin à l’autre, mes tribulations durèrent une dizaine de jours. Jusqu’à ce qu’un jeune externe à Saint Antoine, -qui après s’être bien foutu de ma gueule avec sa clique qui n’en revenaient pas que je fusse encore vierge-me mit en garde contre l’appendicite, me disant que probablement j’aurais des nausées, ou vomissements en même temps que des ténesmes (impossibilité de faire quoi que ce soit aux toilettes alors qu’on en a vachement envie). Et c’est ce qui m’arriva les jours suivants.  Le temps que je réagisse, le mal était déjà fait. Cette nuit-là, j’étais chez ma copine égyptienne. Je ne pouvais plus parler, ni penser, ni rien du tout. Ma douleur aux viscères était devenue incroyable. Le studio de ma copine faisait peut être vingt mètres carrés. Je me déplaçais à genoux entre le lit et les toilettes (dans une espèce de box dans lequel un homme ou une femme de plus de 65 kilos ne pourrait entrer). Dans les toilettes, je ne savais pas ce que je devais faire, avancer la bouche vers la cuvette pour éventuellement vomir ou présenter mon derrière pour éventuellement n’arriver à rien faire. Je ne pleurais même pas, je ne gémissais pas. La douleur était au-delà de toute expression, de tout gémissement. Je ne faisais que marcher à quatre pattes. Ma copine n’y tenant plus appela les pompiers qui arrivèrent aussitôt. Et malgré mon état plus que second, je me faisais la réflexion suivante en voyant l’un d’eux « Mince qu’est ce qu’il peut être beau ce mec ! ».  Le beau gosse décréta qu’il ne pouvait rien faire, mon état étant très grave ils n’avaient pas le droit de me toucher, (dommage, c’est bien ma veine me dis je) on devait donc appeler un médecin pour qu’il autorise mon déplacement.

Une fois arrivé ce dernier me demande ce qui m’arrive, je lui réponds que c’était peut-être une appendicite (j’avais bien imprimé ce que m’avait dit le jeune médecin des urgences). Le docteur essaie de me toucher le côté, se trouve face à un bloc de pierre,  et dit : « On en est plus à ce stade je crois ! ». Il appelle illico une ambulance, un quart d’heure plus tard, un grand noir se présente-la chambre de ma copine était déjà full- tout en sueur, j’ai oublié de préciser qu’Aïda (non, ce n’est pas un cliché), habitait au 6ème sans ascenseur et qu’il y avait de surcroît un étage supplémentaire, appelé entresol mais qui comportait deux marches de plus que les autres étages, un étage magique en quelque sorte.

Le grand noir sympathique-décidément ce soir là je trouvais tout le monde sympathique– me prit dans ses bras et descendit les escaliers avec moi. Les deux infirmiers me calèrent sur le brancard, firent monter Aïda et nous primes la route de l’hôpital du 11è arrondissement, c’est-à-dire, encore une fois Saint Antoine (Merde, j’espère qu’ils ne vont pas me tuer). Mais une fois arrivés ceux-ci nous redirigent vers une autre clinique pour je ne sais quelle défaillance. Autre ambulance, autres infirmiers, autre déménagement. Finalement j’arrivais à la clinique Léonard de Vinci (si c’est pas un signe, qu’est ce que c’est ?).