Archive for the ‘Nouvelle’ Category

La lune, la brise et le village

3 juillet 2015

Il était une fois un village, tranquille, qui ne connaissait pas d’évènement majeur, ni cataclysme, ni inondation, ni peste, ni ouragan. Un jour il se mit soudain à faire chaud, très chaud, anormalement chaud. Les villageois attendirent le soir, qu’une brise fraîche puisse les soulager mais elle ne vint pas. Le lendemain il fit encore plus chaud. Les villageois se cantonnèrent dans leurs chaumières et nul ne sortit travailler les champs, ni conduire le bétail aux pâturages, ni les femmes faire leur lessive et l’étendre au soleil, ni rien. Le soir ils sortirent de leurs maisons comme des fauves de leurs tanières, éprouvés par la chaleur sèche.  Quand soudain un homme regarda dans le ciel et s’exclama :

-Mais où est la lune ?   Elle devrait pourtant être pleine ce soir !

-Oui, dit un autre, il y a à peine une quinzaine, c’était la nouvelle lune.

-Il n’y a pourtant pas de nuages, renchérit un troisième.

-Ni étoiles, dit un autre. Regardez. Il pointait son doigt vers le ciel.

Les villageois s’inquiétaient. Le ciel était effectivement vide de tout astre connu ou inconnu. Aucun nuage non plus. Et la chaleur qui ne cessait d’augmenter.

-C’est Dieu qui nous punit, dit le sage du village. Il faut retrouver la lune.

-Mais comment ? questionna l’un d’entre eux.

-Nous allons demander au vent de la chercher, dit la femme du chef. Le chef du village n’étant pas le sage et n’ayant pas parlé jusqu’ici.

-Comment ?

-Nous allons faire une prière commune, répondit encore la femme.

Le sage semblant être d’accord avec cette idée tous les villageois s’agenouillèrent et commencèrent à prier, chacun pour soi, essayant d’invoquer le vent.

Quand tout à coup une légère brise se leva.

-Je suis là, dit le vent. Et je vous ai entendus. Que me donnerez vous si j vous ramène la lune.

-Une chèvre, proposa un villageois nanti.

-Des légumes, dit un autre.

-Du blé, dit un troisième.

-Les bijoux de toutes les femmes du village, proposa la femme du chef.

Et ainsi de suite. La brise attendit que les propositions cessent.

-Je n’ai que faire de vos babioles, dit la brise. Ni de vos légumes, ni de votre bétail, vous savez tous que je ne me pare pas, ni me nourris.

-Que veux-tu alors ? lui demandèrent-ils.

-Je veux la garantie que vous me laisserez souffler de temps en temps et que vous ne m’invoquiez pas, que je vienne vous rafraîchir. Je veux aller voir d’autres contrées et d’autres villages. D’autres cieux que le vôtre.

Le sage renifla une mauvaise affaire, mais les villageois s’empressèrent d’accepter, surtout qu’ils ne perdaient pas leurs précieuses victuailles et autres babioles.

La brise s’en fût, laissant tomber sur le village une vague de chaleur similaire à une chape de plomb. Elle traversa les champs, monta les collines, traversa les rivières, se trouva au sommet de montagnes, s’imprégnant des senteurs des arbres et de la végétation, elle voyagea longtemps et chaque nuit elle guettait la lune. Jusqu’à ce qu’elle atteigne une contrée lointaine, au milieu de l’océan. Elle attendit le coucher du soleil et quand la nuit tomba elle vit la lune suivie de tous les astres, plonger dans l’océan et en ressortir comme pour prendre un bain.

-Ô lune, dit la brise. Pourquoi as-tu quitté notre village ?

-Mais, cela me semble évident, répondit celle-ci. Il y fait très chaud depuis quelque temps et j’ai décidé de prendre des vacances.

-Mais reviendras-tu ?

-Bien sûr, je ne peux m’éterniser et puis mon mouvement est réglé, je ne peux m’absenter longtemps.

-Bien, dit la brise, car les villageois sont inquiets et tu leur manques. Ils croient que c’est Dieu qui les punit.

-Ils sont si simples d’esprit, dit la lune, ils ne comprennent pas ce qui leur échappe. Mais ils sont gentils. D’ailleurs j’y retourne de ce pas.

Et en plongeant une dernière fois dans la fraîcheur bienfaisante de l’océan, accompagnée de tous les astres, la lune revint au village toute dégoulinante et apporta la pluie. Les villageois en furent tous contents. Non seulement leur lune et les étoiles étaient revenues, mais en plus il pleuvait une eau salée très fraîche. Si bien qu’ils firent la fête jusqu’au matin.

Mais la brise ne revint pas. Elle avait pris goût à la liberté acquise et abandonna le village une fois pour toutes. En laissant la porte ouverte aux vents violents et autres ouragans.

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Histoire de chiffres pas toujours d’accord

1 juillet 2015

Un jour le 1, le 2, le 3, le 4… et le 9 étaient réunis en train de discuter qu’ils virent arriver une nouvelle figure qu’ils ne connaissaient pas, toute ronde et lisse, sans angles.

-Qui es tu ? demanda le 2.

-Je suis le zéro, un nouveau chiffre.

-Et que veux-tu ?

-Je veux me joindre à vous, répondit-il.

-Mais quelle est ton utilité ?

Je signale ici que c’est toujours le 2 qui parlait pour les autres.

-Oh, je suis très utile, avec moi vous pouvez constituer des nouveaux nombres, dont vous n’aviez pas idée, des chiffres ronds, des dizaines, des centaines, des milliers et plus encore.

Les autres chiffres se concertèrent, ils formèrent un cercle et discutèrent entre eux.

-Pour négocier avec lui, il nous faut un médiateur dit le 1.

-Oui mais qui ? demanda le 6.

-Moi proposa le 5, je suis un bon médiateur, je me trouve au milieu, y en a 4 avant moi et 4 après moi.

-Quelle idée ! ricana le 9, ça devrait être moi le médiateur, je suis le plus grand, donc le plus vieux, je devrai vous représenter.

-Tu es tellement vieux que tu n’as plus toute ta tête, dit le 1. Je suis le mieux placée, le premier, je divise tous et aucun d’entre vous ne me divise. Je devrais être votre Président.

-C’est quoi cette histoire de diviser, dit le 2. Arrête tes stupidités, toi ajouté à toi ça fait moi, je suis alors mieux placé que toi selon ce point de vue.

-Et moi alors ? dit le 3, je suis un chiffre sacré pour beaucoup de religions.

-Ah le sacré, tais toi ! dit le 7, moi je suis un symbole de tout un pays et ça a duré 23 ans.

-En termes de perfection je suis le mieux placé dit le 8. Regardez ma ligne, je suis parfait, une ligne continue sans accrocs et sans angles et j n’ai ni début, ni fin, d’ailleurs couché, je représente l’infini.

-Vous me faites rire dit le 6 qui se balançait sur sa base. Moi aussi je suis joli et je peux même vous confondre en me retournant sur ma tête.

-Tu ne confonds personne, dit le 9 et surtout pas moi.

Le 4 n’avait pas encore parlé, il se tordait encore les méninges pour trouver une formule.

-Bon alors ? cria le zéro. Avez-vous trouvé une solution ? Si vous n’avez pas besoin de moi je peux aller proposer mes services à quelqu’un d’autre.

-Toi ? Tes services ? Mais à quoi sers-tu ? Tu es nuuuuuuuul. D’ailleurs on peut rentrer d’un te tes côtés et sortir de l’autre ça n’ajoutera rien et n’enlèvera rien à notre valeur dit le 2.

-D’accord, dit le 0, je vais aller voir si ça peut intéresser les indiens.

-C’est ça oui, dit le 9, mais je te conseille de faire un régime d’abord.

Et c’est comme ça que le 0 s’en fut, et ne revint jamais laissant les chiffres arabes plongés dans des discussions sans fin et jamais d’accord sur quoi que ce soit.

Mes nouvelles publiées

23 mars 2015

Je suis à la fois étonnée, heureuse et un peu honteuse face à cette nouvelle. En effet, après un long périple (enfin pas très long), deux de mes nouvelles sont publiées chez Edilivre, et comme a dit quelqu’un que je ne connais pas : pour moi l’essentiel c’est qu’elles soient publiées, ça me rend fière et ça me suffit.

Dans les deux nouvelles, il s’agit de rencontres. Le personnage principal rencontre un diable plutôt sympa dans la première, et lui-même dans la deuxième. A partir de là des dialogues s’enchaînent. Mis à part cela, dans les deux nouvelles, le décor ne change pas, les personnages évoluent dans le même espace.

Une troisième nouvelle que je suis en train d’écrire, et qui sera un peu plus longue, traite de rencontres aussi, mais plusieurs cette fois-ci. Mais ce n’est pas la seule différence, le décor aussi évolue, le personnage est masculin, les personnes rencontrées sont originales, la fin est plus étonnante.

J’ai remarqué un point commun dans mes écrits : la quête du bonheur est présente partout. Une sorte d’auto-psychanalyse aussi. Enfin c’est ce que j’ai pu en comprendre. A vous de juger si vous le voulez bien.

Ma première nouvelle publiée : « Un jour le diable est venu me voir » est ici : http://www.edilivre.com/un-jour-le-diable-est-venu-me-voir-20cfd9c99c.html

Ma deuxième, « Perception » est là : http://www.edilivre.com/perception-20cfd9ca0f.html

Perception

16 avril 2014

Post effacé.

The day I met the devil

6 mai 2013

For my american, english readers and friends, here is a translation of my post https://amina31.wordpress.com/2013/01/24/un-jour-le-diable-est-venu-me-voir/

I would love and appreciate feedback. Sorry for the language, errors and writing style.

One day the devil came to me. How do I know this is the devil? Well, it’s hard to say and yet I am convinced. First of all he appeared suddenly. I was sitting on a park bench and reading a book. I noticed no movement nor did I hear any noise, on any of my sides. And it’s not that the book was so exciting. There was no one, then, there he was, sitting next to me, just as if he had been there all along. And he was beautiful, divinely beautiful, devilishly handsome. Not in the genre of top model, supermodel, or the guys you see in the magazines, or actors, or anyone. Rather a type for which many women would kill. Not only one woman.  Rather dark haired. The body divinely sculpted, features beautifully drawn. He reminded me of the David statue by Michelangelo. Except that David has an angelic beauty, he had rather a demonic beauty.
And after these things I’ll tell you, I still have no definitive proof that he is the devil, but I know, and that’s enough for me.
Without waiting, without any introduction he told me: « I’ll make a bargain. I’ll give you a chance. You get to pick a moment in your past life, any one, and you can live again your life after that moment, but there is one condition, you cannot change the course of your life, or any event, it happens exactly the same way. What already happened will happen again. »

-And what do you earn in this market? I asked

-Nothing special, the show, the study of human over and over again. You are exciting and I do not get tired of it.

-You mean you’ve already suggested this to others? I said while I was trying to gain some time to think, but I was worried. Maybe he knows what I’m thinking of.

-Don’t worry, he said, take your time. And to answer your question: some, yes, over the centuries.

-And they made their choice, or have they rejected your offer? Now I was really curious about that.

-Some agreed, others refused because leading a miserable life; they did not want to relive it, instead they asked me to shorten it.

-And you did it?

-No, God only shortens life. I just enjoy myself. I give fun and a good time to those who ask for it.

-But they don’t really ask, do they? You propose!

-It’s not really important, given that they accept what I propose.

-mmmmh, ok! Those who have accepted, did they regret it or were they satisfied with the deal?

-I do not know, I didn’t ask. I just watched, and simply left at the end.

-Were they famous people?

-Some of them!

-Who, for example?

-Oh a lot, some of them you may not know. Mozart is one of my regular customers, I had to make him the proposal several times.

-Why?

-Because I love his music. Because he died too young.

-And he accepted every time? -I don’t know why but already knew the answer, Mozart was very prolific, I never understood how he did it in such a short time.

-Yes, every time, even though he knew the outcome, his certain and surprising death, he never hesitated. He loved composing and wanted to do it indefinitely. In the end it was me who was at a loss to stop our little game.

-It pained you?

-No, but I was getting tired of him.

-Something bothers me!

-What?

-You said we couldn’t change anything in the course of our lives?

-Yes.

-Mozart, did he compose different pieces each time? I cannot explain otherwise the amount of work he did.

The devil smiled:

-Didn’t choose you by chance, it seems. But I can’t answer that question.

-Thank you, it’s already an answer. And you said you loved his music, you must have been blind to certain exceptions to your law.

The devil seemed more and more amused.

-How did he manage? Did he bury works in some place in order to find them each time he came back. Isn’t that a paradox? Is it possible?

-I’m not the kind of person you should ask those questions. Possible and impossible for me are the two sides of the same coin. Everything is possible if I want it.

-Or God wants it?

-No. God doesn’t intervene no more in your lives. His last intervention was in the flood, but he regretted it and vowed never to get involved in your lives again.
…..

-I’ll keep the memory of my future life, in this market, reliving my past?

-Yes, you have the memory of what will happen. You will know, but you will not change anything.

-But how can I not to intervene, for example in 1998 I had appendicitis, which untreated became peritonitis. I almost died. Knowing that it’ll happen to me, I can tell the doctors and they will intervene earlier.

-You should not intervene, it’s part of our deal. And even if you tried, I will intervene to stop you. And then I think it was you who told the doctors that you had appendicitis, it has not changed much. They didn’t believe you.

-Hmm. Yes, that’s kinda how it happened. But it was a dark period. I do not know if I can do it. Too much pain!

-You can, you’re here is the proof. And you can also pick any time after.

-I would love to go back to my years in Paris, but I do not know if I’ll have the courage. Maybe, after the master because it was a hard year too.

-And your childhood? Your father? Don’t you want to see him again? I know you loved him too much.

-You know love? How strange!

-As strange as it may appear to you, but yes, we know love and hate, and anger too.

-My father?…. Of course, but I will have to come back very far in the past, my father died when I was only thirteen.

– You can go back as far as you want.

-Even in the womb?

-Yes, even that.

-Hum. Not that much anyway. I don’t remember it, and don’t like the idea to be in the water. Let me return to my father. I cannot tell him not to go to work on January 3, 1984? The day he died?

-No. And even if you did, he won’t believe you either.

-Then it is useless to see him again, anyway, he would die one day or another. I will see him again when it’s my turn. I mean dead!

-Then no other time that thou wilt live again? Your first love, maybe?

-My first love is an asshole and even if we had good times I have absolutely no desire to see him again. –Saying that, I wondered if I was lying to myself?

-And your grandmother?

-Oh! I’d love to see her too, I love her, I miss her stories, her kindness. I’d like to sleep in her arms, or even hold her hand in silence. What we did once.

-And?

-And then no. Same conclusion as for my father. I’ll see her again another day unless you tell me that after death we see no one.

-I do not have the right to reveal to you anything on these points. It is the monopoly of God. He does not like it being touched. He lets us have fun, but there are certain rules to follow.

-You don’t need to tell me anything. If you’re here is that God exists, and that life after death also exists, and I’ll see them again.

-Proof of the existence of life after death is not the issue. The question is whether or not you will see your family in the afterlife?

-Do not make me doubt that. Coming back to your proposal. Can I ask you a question?

-Yes. Go on!

-How come you are so nice? Yet you’re the devil, right? Oh and this is not the question …

-I’m not nice, I’m only patient, I have eternity before me and I am in no hurry. Your question now!

– Oh I think you already answered, but you never know, I still have to try…

-I told you that you’re interesting, you humans.

-Do you have any women? of devils, I mean!

-No and I think it is unfortunate indeed. I would have liked to see the capabilities of the variant female of our species.

-Yes they would have had more imagination, I suppose …

– ….

-Can I kill someone in my past?

-No, you already know the answer, unless thou hast already killed before.

-Yet it is tempting. My first husband, a real bastard that one. I took him to Martinique for the honeymoon. I had already disenchanted from the day of our marriage, immediately after the ceremony. After our return, I regretted not having « lost » him in some way there. He wears glasses, and once he didn’t, he sees almost nothing. I could have taken him somewhere, removed his glasses, on one pretext or another, and left with the rental car. He would never have found his way back and with the landscape of Martinique, he would stagnate in a ditch or a ravine.

-You’d make a good addition to our ranks, but your plan is too simple, you would be quickly found.

-I would have claimed not to have seen him that day, that he went out alone, etc. … or better, I would have told myself the police, saying he had fallen, that he had had an accident.

-A little better I confess, with more time you would have found.

-Then? I can?

-No.

-Pity, but I wanted to try anyway.

– Well, you decide? It’s not that I lack patience, but … I like to know!

-Why are you interested, I’m not Michelangelo or Mozart, what things do you like in my life? And if we can not intervene, what changes for you, you already know all of our past?

-First, this discussion. Dialogue between us right now is what is most interesting in my approach. Every time I make this proposal to someone he or she goes through several stages of reflection, and tells me about it, and it challenges me. I like how you operate, how you think. Then re-experiencing a period of life, knowing what will happen in one day,  in a month, or in one year increases your stress, and that’s where you’re beautiful. Everyone reacts differently.

-Let me think. If I return to my early childhood I should start again primary school and it would be painful. If I go back to the age of 8, for example, it would be nice at first, then I would have to face  the death of my father again, knowing it in advance in addition, and this is unacceptable, unbearable even. Mmmmhhh, if I return to my teenage years …. No! Too sad, alone at home with my mother and my grandmother …. If I choose the period of the university, pffffffffffffff, too many teachers that I would want to kill, it’s not worth it. After then? Paris, I feel like it, but after the master, so I do not see Personnic again, -one teacher I had and who had hurt me terribly with my Tunisian friends-even if at the end of the year and when I spoke to him frankly, making him understand that he was cruel, and that his field- computer’s architecture- didn’t please me that much and anyway, it was quite incongruous with training and with what I wanted do next: a thesis much softer in Human Computer Interaction, after that speech he acted like a true man and gave me just the score I needed, not to fail, while I was ranked highly in all other modules. Weird, isn’t it? The thing I remember best in that famous year of master is that of confronting a racist teacher, I managed to coax, despite himself, I would say.

So after the master? I should redo a thesis that is absolutely worthless, except I have dug up this job that I love sometimes and hate some other times. Why not? It tempts me I confess, for the context of this period. By cons I should re-submit my return to Tunisia, my appointment in teaching, my appendicitis …. No, never that. After? What? My first year teaching in Monastir? Never, ever. My transfer to Tunis and my battles with my new director? Either! My first marriage, we’ve already talked about and I cannot promise that I will not intervene at this level in my life. Not worth it. What I have left? Few years, my second marriage, the birth of my children … I ‘m living it already and I think that ultimately, I’m happy. And thank you, for letting me understand, for helping me to achieve. But I still would like to ask you two things.

-Yes? I had expected.

-If I had accepted, things would they really happen exactly the same way?

-Yes, absolutely.

-And what if I did like Mozart did to you? Break the rule? Do what I want to do? Would you have let me?

He remained silent. I was thinking : maybe I should try…

-So, you should have returned to me with the same proposal at the same time in my life when I’m sitting here reading this book? So it would be eternal, it would happen every time, and unless I refused, it would never stop??

– ….Smile ….

-You do not answer!

– …..

-Finally, my last question: will you please come back to make me this offer when I’m sixty years? It might interest me then ….

Livris

9 mars 2013

Aujourd’hui j’ai découvert un bouquiniste à El Manar (quartier plus ou moins huppé de Tunis).

Je me suis remémorée mes années à Paris. Mes meilleures heures sont celles que j’ai passé à flâner chez un bouquiniste inconnu du 17 ème, après m’être échappée du boulot. Je sacrifiais le déjeuner pour sentir, toucher et surtout humer de vieux livres, m’imaginer qui a bien pu les posséder avant moi, espérer y trouver, des notes, un nom et même parfois une carte postale, qui me permettraient de créer une histoire dans ma tête.

Bref, chez le bouquiniste, j’ai fait un tour rapidement, car je n’avais pas beaucoup de temps, oui quand on est mère, on ne peut plus sauter de déjeuner 🙂

J’ai pris quelques livres pour mon aîné : mers et encyclopédie. Un livre pour mon dernier.

Et trois Stephen King pour moi : un classique que je n’ai jamais lu, Salem. Jessie que j’ai lu et adoré, et qui m’a même fait rater plusieurs stations de métro. Et un recueil de nouvelles : Tout est fatal. Il paraît qu’il y en a une qui parle d’une rencontre avec le diable. Je suis curieuse de voir ce que le maître propose. Il y a aussi 1408 qui a été adapté en film avec John Cusack (très effrayant). Et un tour sur le Bolid’ (Riding the bullet) adapté en film aussi, un film que j’ai beaucoup aimé et qui m’a fait réfléchir quant à l’angoisse que l’on peut sentir devant un écran de télé ou devant les feuilles d’un livre.

« L’horreur ce n’est pas quand on abuse des scènes gore et le sang à gogo, l’horreur c’est dans l’impression, l’attente et l’imagination. Pour cela exit tous les films style Saw et compagnie. Le maître c’est Stephen King. De ce fait un lapin peut être plus terrifiant que toutes les tronçonneuses du Texas. »

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Nouvelle d’anticipation dystopique…Les unités

2 février 2013

Il n’y a plus de pays ! Il n’y a plus de villes, ni rien de ce que le monde avait connu. Il y a beaucoup moins d’habitants aussi. Après la grande purification, le monde avait peu à peu acquis un nouvel équilibre, discret, fragile mais stable.

De nos jours il n’y a que des unités. Et des unités à l’intérieur d’unités. Comme autrefois les quartiers dans les villes et les villes dans les pays, maintenant tout s’appelle unité.  Il n’y a pas réellement d’espace ni de frontière entre une unité-ville et une autre. Les unités-immeubles s’étalent sur de grands espaces, les capacités de logement sont de loin supérieures au besoin, mais leur construction se fait dans un esprit de liberté. Liberté de changer d’unité-appartement ou d’unité-immeuble à tout moment sans préavis, sans aviser personne. Il suffit de le dire (ou plutôt de l’écrire) à l’ordinateur central de l’unité-logement. Une fois que l’on choisit une nouvelle unité pour y loger, il faut aussi le dire au nouvel ordinateur superviseur. Ce dernier tient la liste des unités-logements occupées, celles qui sont libres, s’occupe des menus problèmes quotidiens, avise les agents réparateurs de toute panne, rappelle aux logeurs les dates de débit de leur compteur-crédit, tient les habitants au courant de leur vie quotidienne, changement climatique, arrivé de nouveaux logeurs, départs, décès…etc.

Les unités-logements se ressemblent toutes, de grandes tours, avec un espace vide au milieu, comme un vieux patio. Les appartements se trouvent à l’extérieur du cercle, leurs fenêtres donnent sur les parcs. L’intérieur est bordé par une rampe à chaque étage, sauf à deux endroits, diamétralement opposés et qui sont réservés à l’arrivée des ascenseurs. Il existe d’autres ascenseurs à l’extérieur de la tour qui donnent directement dans les appartements des logeurs. Il y a autant d’ascenseurs externes que d’appartements dans un étage. Mais seulement deux ascenseurs internes.   Le logeur emprunte l’un ou l’autre en fonction de son besoin.

Les appartements se ressemblent tous, les mêmes meubles partout, seules les couleurs peuvent différer mais pas la gamme. Il n’est pas interdit d’avoir d’autres meubles, sauf que personne ne prend la peine de chercher, de toutes les façons ils sont tous pareils, simples, fonctionnels, carrés, rectangulaires ou cylindriques, de taille minimale, peu encombrants et taillés dans cette nouvelle matière incassable, inaltérable.  L’imagination et le design ne font plus partie de notre vie.  Ni l’esthétique.

Il n’y a plus vraiment de notion  de pays comme autrefois. Les unités sont aussi indépendantes les unes des autres, qu’interdépendantes. Les grandes puissances d’autrefois ont souffert du nombre d’habitants, qui ne cessait de croître de façon spectaculaire, à force de confort, de richesse, de bien être mais aussi de bêtise. Tandis que les petites républiques souffraient de famines, de pandémies, de guerres civiles et obéissaient aveuglément aux consignes du planning familial.

Les grandes puissances exploitèrent toutes  leurs ressources et commencèrent à avoir des vues sur celles des autres pays : golfe persique, île arabique, ainsi que tous les pays insignifiants qui pouvaient fournir un peu d’énergie : du pétrole par là, du gaz par ci, un peu d’uranium…  On tuait, on assassinait au nom de la liberté, au nom de la démocratie, parfois libération, on investissait le pays, on lui procurait un nouveau gouvernement complètement à la solde des grandes puissances, et on prenait une option sur toutes ses ressources. Bien sûr il y eût des scandales, des injustices, des génocides commis au vu et au su du monde entier. Mais le monde entier ne pouvait rien faire face à la puissance, et à la désinformation. Les médias contrôlaient l’opinion des masses. Quelques activistes s’érigèrent en défenseurs des droits, mais ils furent appelés terroristes, monstres, ils furent tués, ou réduits au silence. Le monde ne pouvait continuer ainsi. Les guerres fusaient de partout, aucun pays n’était à l’abri. Une guerre nucléaire menaçait le monde, c’est alors que le grand complot fût organisé soigneusement  par quelques personnes, puis mis en exécution. La purification suivit de peu et le monde entra dans une nouvelle ère.

 

 

A suivre…?

Un jour le diable est venu me voir…

24 janvier 2013

Post effacé.