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Le type du métro…

27 janvier 2013

Certains livres sont des révélateur de bas fonds!

Parfois la lecture nous fait nous rendre compte de certains aspects pas très élogieux de nous-mêmes. On n’y pense pas du tout, ou alors pas souvent, mais quand on y est confronté, on est étonné par soi même.

Parfois un livre nous explique mieux des réalités sur nous-mêmes que n’aurait pu le faire la vie ou un psychologue.

Et Attentat, comme aucun autre livre, m’a fait réagir, sur moi-même et sur les autres. J’ai lu le livre d’une seule traite. J’ai apprécié et détesté à la fois. Une lecture qui est à la fois passionnante et dégoûtante.

Epiphane, le héros, Otos de son nom, est le type le plus horrible qui puisse exister, hideux, face en forme d’oreille, pas humain, dégoûtant, est amoureux d’Ethel, une déesse, une beauté parfaite, bref tout ce qu’il ne lui faut pas.

Et il décide de devenir l’égérie des défilés de mode, et il y arrive aidé par Ethel. Ce drapeau de la laideur devient le faire-valoir des mannequins lors des défilés.

Epiphane, vit mal l’entichement d’Ethel pour Xavier un artiste peintre, mais assez con parait-il?

Mais ce n’est pas pour l’histoire que j’écris ceci. C’est à cause de ce que j’ai découvert sur moi-même. Avec ce livre, Amélie Nothomb a réussi à faire jaillir en moi le bon et le mauvais. Elle va chercher tout au fond du lecteur ses plus bas instincts. Ce livre est un mélange de sadisme et de masochisme. Ces deux derniers se trouvent d’ailleurs chez tous les personnages et surtout chez Epiphane et Ethel.

Epiphane « rit » quand il se regarde dans un miroir. Il rit par plaisir et aussi par dégoût.

Epiphane n’hésite pas à dévoiler ses omoplates couvertes d’acné aggravée à un top model qui ne veut que coucher avec lui. Paradoxe.

Ethel fait du mal à Epiphane : comme si elle ne savait pas qu’il est parfaitement amoureux d’elle, elle n’arrête pas de lui parler de Xavier. Mais aussi, elle se fait du mal à elle même, en tombant amoureuse de Xavier, parfait ignare dans le domaine de l’amour et des femmes.

Tous ces exemples montrent que les personnages se font du mal et aiment faire du mal! Comme chacun de nous, de façon apparente ou très latente.

En lisant ce livre je n’avais qu’une envie, voir l’acné d’Epiphane et dégoûtée, la lui racler avec un instrument plat. Beuhhh, un truc à vomir quoi, mais je n’ai pas résisté à ce livre, c’est le cas de le dire.

Et, tout au fond de moi, durant la lecture, je n’ai cessé de me rappeler une histoire qui m’est arrivée il y’a de cela une dizaine d’années à peu près. J’ai rencontré dans le métro, un type, je ne voudrais pas dire hideux, mais je ne trouve pas d’autre mot. Quand la rencontre s’est faite, quand je me suis vue dans ses yeux le choc a été brutal, fulgurant, à tel point que je me suis arrêtée de marcher une seconde, puis baissant les yeux je me suis reprise et j’ai marché tout en modifiant mon itinéraire pour ne pas le rencontrer une deuxième fois. Je me suis maîtrisée par rapport à d’autres.

Une fillette accompagnée de sa maman, s’est mise à hurler, et sa mère n’arrêtait pas de s’exclamer, comme si c’était sa faute à lui, d’avoir cet aspect.

Les gens qui descendaient du métro, ont tous (sans exception, les plus sages, comme les plus farfelus) eu des réactions bizarres, certains ont fait demi-tour, d’autres l’ont dévisagé, d’autres, ont baissé la tête de façon anodine.

Mais tous, après le choc, ont cherché à le revoir, secrètement, ou de façon dévoilée. J’ai eu de la peine pour lui c’est sûr, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire comme eux. Tenter de le revoir, même de dos, ça se voyait qu’il avait un visage déformé. Je me suis cramponnée au bras de mon copain, avant de le revoir, mais le choc était moindre que la première fois. On s’attend à ce que l’on va voir. Le pire c’est que cet homme était accompagné par son ami, qui essayait tant bien que mal d’agir comme si de rien n’était, alors qu’il savait pertinemment que tous les yeux étaient braqués sur eux.

Tout cela pour dire, qu’Amélie a tout a fait compris l’essence de chacun de nous, le mélange de bien et de mal. Le sadisme et le masochisme présents en chacun de nous, grands ou petits, et le degré de discipline auquel certains sont arrivés.