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Immanquablement inoubliable.

12 décembre 2014

Indélébile.

La trace de mes baisers

sur ton cou et ton torse,

te léchera comme une langue de feu.

Éternellement.

Inébranlable.

Mon souvenir se rappellera à toi,

quoi que tu fasses,

dans ton esprit un point gris dormant

ou rouge sanglant,

S’insinuera en toi.

Subrepticement.

Inépuisable.

Tu iras d’est en ouest,

et du Nord vers le Sud,

tu prendras avions et bateaux,

à la recherche de l’oubli,

que tu n’atteindras pas, car je suis.

Incroyablement.

Inoubliable.

Je suis celle qui a allumé

une étincelle dans tes yeux,

et le feu dans ton cœur,

sans moi, tes yeux sont éteints

et ton cœur gris cendre.

Sombrement.

Inaltérable.

Mon image dans tes yeux,

qui que tu voies,

mon souffle sur ton corps,

avec qui que tu sois,

Ma passion dans ton cœur,

qui que tu aimes,

Immanquablement.

Inénarrable.

Tu n’en parleras point,

je suis ton secret,

et de celui qui sait,

Tout seul tu souffriras,

de m’avoir laissée,

partir aussi loin.

Parfaitement.

Inégalable.

A ton dernier instant,

c’est mon fantôme que tu verras,

et qui te torturera.

Inlassablement.

La lignée du Cheikh – Extrait – La maladie de Aissa

11 décembre 2014

En se réveillant ce matin-là, Aissa est tout en sueur et il a très envie de pisser. Il se rend dans la salle d’eau de l’autre côté de la cour. Il a du mal, beaucoup de mal à expulser son urine. Le visage crispé, il souffle. L’envie est bien là, mais son urine refuse de sortir. En plus du mal qu’il a à uriner, un autre mal s’installe, dans sa tête celui-là. Une angoisse terrible le prend, d’abord aux tripes, puis elle remonte à la gorge. Il manque de s’évanouir.

Quand il reprend ses esprits, une éternité -lui semble-t-il- est passée. Des gouttes d’urine perlent au bout de son pénis, mais il a l’impression que ce sont des tessons de verre qui essayent d’en sortir. La sensation qu’il a est très différente du liquide qu’il voit sortir, Aissa en a les larmes aux yeux. La couleur aussi est bizarre, il enregistre ce qu’il voit comme en rêve. Plus tard il se rappellera exactement quoi dire quand il verra un médecin. Du marron, oui du marron, même pas la couleur de son urine le matin quand il a la vessie archi-pleine. Il souffre le martyr. De longues minutes plus tard, il est un peu soulagé et son envie d’uriner un peu calmée. Il quitte la salle d’eau aussi vite qu’il peut. Il se rend à la chambre d’Idriss, il ne doit pas être encore parti à la boutique. Aissa frappe timidement à la porte. Il entend une légère agitation à l’intérieur, puis Idriss entrouvre la porte, il semble surpris de le voir. Il n’est pas encore habillé et est tout ensommeillé.

-Qu’est ce qu’il y a? Qu’est ce qui t’amène chez moi de si bonne heure.

-Désolé, dit Aissa, mais j’ai besoin de toi. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je pisse du sang. J’ai très mal, c’est insupportable. Je ne sais pas si je tiendrais longtemps.

Idriss semble horrifié.

-Va t’habiller, dit-il. On se retrouve dans dix minutes. Je t’emmène chez un ami médecin. Si tu rencontres mère ou père, dis que tu m’accompagnes à la boutique.

Accompagné de son frère, Aissa consulte un médecin. Ce dernier diagnostique une blennorragie.

-Je ne te cache pas que ton cas est sévère dit-il à Aissa.

-Y a t-il un remède docteur? demande celui-ci .

-Contre le mal, oui, mais pas pour le plus important.

-Qu’est ce que ça veut dire docteur?

-Cela veut dire que tu dois faire attention, arrêtez de courir les filles tous les deux! Il existe des maladies très dangereuses et qui se transmettent sexuellement. Aujourd’hui tu as la « chaude pisse », comme on l’appelle, demain qui sait ce que tu auras? Il se rappelle qu’Idriss avait déjà été rongé par ce mal, et lui, avait été dans la confidence.

Le docteur explique ensuite aux deux frères que la chaude pisse est contagieuse, et que Aissa a certainement dû l’attraper quand il a été avec une fille qui l’avait. L’état général de Aîssa indiquait que la maladie en était à ses débuts, il n’y avait pas d’écoulement de pus de la verge, et que les chances de bien le soigner étaient donc plus grandes. Sinon les conséquences risquaient d’être importantes.

-Je vais te prescrire un remède, c’est un calmant, termina le docteur, tu en prendras deux fois par jour, matin et soir, et repose-toi bien. Il est impératif de ne pas essayer de revoir la fille en question. Je ne sais pas si tu sais laquelle c’est.

Pendant toute la durée de l’entretien Idriss semblait sur des charbons ardents. Il ne savait pas s’il devait révéler quelque chose au médecin.

-Docteur, je dois m’entretenir avec vous, parvint-il à dire.

-Bien sûr, répondit son ami.

Aissa les laissa et alla dans la chambre attenante à celle du médecin et faisant office de salle d’attente. Il comptait sur son frère et sur leur complicité pour tout lui raconter plus tard. Entre temps lui ne chômait pas et faisait les yeux doux à l’infirmière du docteur, une petite française mignonne, qui avait l’air peu farouche.

Idriss sortit du cabinet du médecin et ils repartirent tous les deux vers le souk où travaillait l’aîné.

-Aissa, je ne te cache pas que l’affaire est plutôt sérieuse. Il faudrait peut être qu’on arrête nos virées.

-Quoi? Et pourquoi donc? demanda Aissa choqué.

-Parce que si on continue comme ça, tu le regretteras peut être toute ta vie.

-Je ne regretterai jamais nos soirées, les plaisirs qu’on y prend. C’est mille fois mieux que ce que la vie nous offre par ailleurs, un père guindé, une mère pas tendre du tout.

-Oui mais un jour tu auras peut être ta propre famille, et ils te rendront heureux, dit Idriss avec une lueur dans les yeux.

Aissa contempla son frère comme s’il le voyait pour la première fois. Il ne se serait jamais attendu à ce genre de diatribe de sa part.

-Idriss, mon frère, tu te sens bien? Que t’arrive-t-il?

-Rien du tout, dit idriss, c’est à toi qu’il risque d’arriver des choses si tu n’arrêtes pas de courir les filles.

« Moi je ne risque plus rien désormais », ajouta -t-il dans un souffle.

-Quoi, que veux tu dire?

-Je veux dire que j’ai attrapé une saloperie, et que désormais je n’aurais jamais d’enfant, et que mon fils mort-né était ma dernière occasion d’être heureux.

Et c’était aussi la dernière occasion pour rendre le vieux heureux, dit-il avec un sourire moqueur. Ça au moins je ne le regrette pas.

Aissa fut choqué par ce qu’il venait d’entendre, et en même temps il ne comprenait pas très bien. Il refoula la pensée que son frère était irrespectueux envers leur père-ce qui ne lui arrivait jamais, Idriss s’exprimait rarement au sujet de la famille- et s’inquiéta surtout de la première partie de la confession.

-Comment ça tu n’auras plus jamais d’enfants? Tu veux dire que tu ne te remarieras pas?

-Non, j’y suis bien obligé tu vois.

-Mais alors?

-Alors, j’ai attrapé le même truc que toi il y a un moment déjà, et il y a eu complication, et je ne peux plus avoir d’enfants.

Portrait chinois

13 février 2013

Vous connaissez tous l’exercice du portrait chinois : il s’agit d’essayer de se décrire par métaphore. Par exemple, si j’étais un arbre, je serai un chêne, si j’étais un monument, je serai Notre Dame de Paris, etc…

Il en existe plusieurs variantes déjà prêtes, mais rien n’interdit de créer son propre portrait chinois.

Voici un portrait auquel j’ai répondu il y a quelques années, j’ai saisi mes réponses sans trop réfléchir. Je suis étonnée par la fraîcheur des réponses que j’ai donné, ainsi que de leur actualité parfois. Je me souviens que c’étaient des réponses spontanées et rapides. Il paraît que c’est ce qui permet de se découvrir le mieux.

Si vous essayez le même portrait, lâchez vous et répondez très vite. Vous aurez peut être des surprises. Le mieux c’est d’utiliser un magnéto, ensuite transcrire vos réponses.
C’est parti :

-Si Tu étais un défaut ?

Je serai la jalousie, celle-ci m’a rendue malade des fois, mais je ne l’ai plus éprouvée depuis un certain temps.

-Si Tu étais une injure ?

Co Co Connard, je sais pas je le dis souvent, surtout en voiture !
Salope pour les femmes.

-Si Tu étais une maladie ?

Je serai fatale pour ceux qui le méritent et bénigne pour les autres.

-Si Tu étais un accident ?

Je serai un accident d’avion entre deux énormes avions dans lesquels j’aurais casé tous les connards de ce monde.

-Si Tu étais une perversion ?

Aucune envie d’être une perversion. Je n’ai pas de goûts pervers, ni une perversion de goûts. Je ne suis pas perverse, et je ne veux pervertir personne. Les mots parfois sont pervers, mais pas moi !!! La folie est elle une perversion? Non la perversion est peut être une folie passagère donc je suis perverse en ce moment même !!! c’est fini maintenant!!!

Tout ça pour ne pas dire que je n’ai pas trouvé de perversion.

-Si Tu étais une guerre ?

J’aurais été la guerre de sécession pour abolir l’esclavage ! En fin, non, même pas celle là, ni une autre !
Certainement pas la guerre sainte, ni la guerre de cent ans, ni la guerre des deux roses, ni la guerre d’Algérie, ni celle d’un autre pays, La guerre des Etoiles peut être.

-Si Tu étais un vice ?

Je serais un vice caché. Ou une vis cachée.

-Si Tu étais une trahison ?

Ça ne fait pas partie de mon vocabulaire, ce mot !!! Les traîtres dans l’Histoire sont la pire des espèces, vils, ils ne méritent aucune considération. Voir ce qu’on a fait Dante dans son Enfer. Judas est le synonyme de traître. Je ne serai jamais une trahison.

-Si Tu étais une arme ?

Une arme blanche, une arme à poings, une arme à feu ? Une arme nucléaire, une arme biologique, une arme de DESTRUCTION MASSIVE?
Je suis contre !

-Si Tu étais un supplice ?

Je serai le cauchemar d’un bourreau !

-Si Tu étais une cicatrice ?

J’irai sur la face de tous les criminels, pour les faire repérer, où qu’ils soient.

-Si Tu étais un poison ?

Le Vert de Gris, qu’on ne décèle pas !!!

-Si Tu étais un salaud ?

Je serai une Salope plutôt !

-Si Tu étais un impôt ?

Un impôt sur la connerie humaine !!! Je serai milliardaire déjà !

-Si Tu étais une panne ?

Une panne de courant éternelle, j’adore le silence, les chandelles, pas de télé. Vous vous rendez compte, on sera amenés à abandonner, voitures, bus, métros, en revenir aux pieds et aux chevaux, les bicyclettes à la limite. Plus de télé, plus de radio, plus de ciné, on reviendra au théâtre et à l’Opéra, aux orchestres. On reviendra aux plaisirs simples, aux soirées autour d’un feu, avec une grand-mère ou un grand-père qui raconte des histoires. On aura plus de temps pour nous, pour nos familles, pour lire, pour d’autres occupations, que toutes ces occupations qui bouffent du courant et du temps !!!

-Si Tu étais un dictateur ?

Je serai Charlot !

-Si Tu étais une infirmité ?

-Ne pas pouvoir utiliser ma langue … de vipère parfois !

-Si Tu étais un assassin ?

Je serai Hannibal Lecter !

-Si Tu étais un microbe ?

Je serai un assassin !

-Si Tu étais une plaie ?

Je guérirai très vite.

-Si Tu étais un fléau ?

-J’anéantirai le Mal.

-Si Tu étais une torture ?

Je serai le cauchemar de celui qui torture, comme tout à l’heure !!!

-Si Tu étais une humiliation ?

Je me ferai subir à ceux qui m’ont humiliée.

-Si Tu étais un terroriste ?

Oussama au féminin, je serai Le fabuleux destin d’Amina l’ispèce de cougnasse !!! ( Les Guignols de L’info)

Non sérieux, je serai le grand Terroriste qui Terrorise les plus grands Terroristes, ceux qui le sont pour de bon, ceux qui le paraissent, ceux à qui personne n’ose dire « Vous êtes des terroristes! ». Je commencerai par certains présidents de républiques, et je finirai par les plus petits terroristes, s’ils ont encore des raisons pour agir!

 

Hommage à mon père*

29 janvier 2013

29 ans déjà
29 ans qu’il nous a quittés
29 ans sans lui
29 ans que je vis la moitié d’une vie
car l’autre est partie avec lui
Je n’écris pas ces lignes pour lui
Mais pour qu’il ne sombre pas dans l’oubli
Ceux qui croient que la vie est éternelle
Sachez donc qu’elle est trop vite finie
J’assimile à quelques jours le temps que j’ai passé avec lui
Quelques jours équivalant à l’infini
une tendresse, un amour, une complicité inouïs
Mais Dieu était bien content de nous l’avoir repris
Mon papa chéri
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai
le restant de ma vie

(*)Chaque année, le 3 Janvier exactement j’écris un hommage à mon père, décédé ce jour là de l’année 1984.  Voici l’hommage de 2013.

Image

Dorénavant…

28 janvier 2013

J’ai décidé de faire deux recueils : un recueil d’histoires dont le point commun est de s’être passées dans un métro; et un deuxième recueil de récits de rêves et cauchemars. Ceci à côté des autres billets que je rédigerai, et qui concerneront d’autres domaines.

D’autre part j’ai décidé d’écrire tous les jours, même si je n’ai rien à raconter. D’après Jane Austen, l’un de mes auteurs de prédilection, il faut écrire tous les jours, et il ne faut pas s’éloigner de son environnement, son vécu. Ecrire, même des lettres, ou des notes, relater des faits.

J’ajouterai qu’il faut décrire ce que l’on voit, ce que l’on sait, ce que l’on sent. Peut être qu’à ce moment là je saurai ce qu’il faut écrire et comment l’écrire.

Mon rêve serait d’écrire une petite histoire accomplie, qui intéresse le lecteur. Une nouvelle à défaut d’un roman.

Alors passez par ici chaque jour, et lisez-moi.