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L’écrin aux perles.

28 avril 2015

Toutes les nuits il faut que je me réveille au moins une fois, je ne connais pas de nuits au sommeil ininterrompu. Pour moi ça fait partie des fantasmes. Quand les garçons étaient encore bébés, ça m’arrivait jusqu’à une dizaine de fois par nuit ou plus.

Je me réveille souvent je pense, à la fin ou à l’interruption brutale des programmes rêvés.  Je ne connais pas de moments de perte de la réalité, je suis tout de suite consciente : où je suis, quel jour on est demain, ce qui s’est passé la veille,  …etc.

Quand je me réveille, c’est pour en fait passer un coup  de radar, écouter si tout va bien partout. Ou bien pour avoir un coup de génie. Une idée qui me semble tout de suite brillante, et alors j’essaie de l’attraper, de la noter dans ma mémoire pour pouvoir la réécrire le matin. Parfois ça marche et d’autres pas.

C’est comme un écrin ouvert avec une très jolie perle dedans. J’essaie d’attraper la perle, le matin, je la retrouve telle quelle splendide, ou bien plus petite, ou alors ébréchée, de moindre qualité. Quand on a une idée d’écriture il est rare de savoir la rendre comme elle existe dans notre esprit. Les paroles ne couvrent jamais totalement la pensée. La pensée est puissante, les mots sont souvent faibles. En tous cas en ce qui me concerne.

Immanquablement inoubliable.

12 décembre 2014

Indélébile.

La trace de mes baisers

sur ton cou et ton torse,

te léchera comme une langue de feu.

Éternellement.

Inébranlable.

Mon souvenir se rappellera à toi,

quoi que tu fasses,

dans ton esprit un point gris dormant

ou rouge sanglant,

S’insinuera en toi.

Subrepticement.

Inépuisable.

Tu iras d’est en ouest,

et du Nord vers le Sud,

tu prendras avions et bateaux,

à la recherche de l’oubli,

que tu n’atteindras pas, car je suis.

Incroyablement.

Inoubliable.

Je suis celle qui a allumé

une étincelle dans tes yeux,

et le feu dans ton cœur,

sans moi, tes yeux sont éteints

et ton cœur gris cendre.

Sombrement.

Inaltérable.

Mon image dans tes yeux,

qui que tu voies,

mon souffle sur ton corps,

avec qui que tu sois,

Ma passion dans ton cœur,

qui que tu aimes,

Immanquablement.

Inénarrable.

Tu n’en parleras point,

je suis ton secret,

et de celui qui sait,

Tout seul tu souffriras,

de m’avoir laissée,

partir aussi loin.

Parfaitement.

Inégalable.

A ton dernier instant,

c’est mon fantôme que tu verras,

et qui te torturera.

Inlassablement.

La lignée du Cheikh – Extrait – La maladie de Aissa

11 décembre 2014

En se réveillant ce matin-là, Aissa est tout en sueur et il a très envie de pisser. Il se rend dans la salle d’eau de l’autre côté de la cour. Il a du mal, beaucoup de mal à expulser son urine. Le visage crispé, il souffle. L’envie est bien là, mais son urine refuse de sortir. En plus du mal qu’il a à uriner, un autre mal s’installe, dans sa tête celui-là. Une angoisse terrible le prend, d’abord aux tripes, puis elle remonte à la gorge. Il manque de s’évanouir.

Quand il reprend ses esprits, une éternité -lui semble-t-il- est passée. Des gouttes d’urine perlent au bout de son pénis, mais il a l’impression que ce sont des tessons de verre qui essayent d’en sortir. La sensation qu’il a est très différente du liquide qu’il voit sortir, Aissa en a les larmes aux yeux. La couleur aussi est bizarre, il enregistre ce qu’il voit comme en rêve. Plus tard il se rappellera exactement quoi dire quand il verra un médecin. Du marron, oui du marron, même pas la couleur de son urine le matin quand il a la vessie archi-pleine. Il souffre le martyr. De longues minutes plus tard, il est un peu soulagé et son envie d’uriner un peu calmée. Il quitte la salle d’eau aussi vite qu’il peut. Il se rend à la chambre d’Idriss, il ne doit pas être encore parti à la boutique. Aissa frappe timidement à la porte. Il entend une légère agitation à l’intérieur, puis Idriss entrouvre la porte, il semble surpris de le voir. Il n’est pas encore habillé et est tout ensommeillé.

-Qu’est ce qu’il y a? Qu’est ce qui t’amène chez moi de si bonne heure.

-Désolé, dit Aissa, mais j’ai besoin de toi. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je pisse du sang. J’ai très mal, c’est insupportable. Je ne sais pas si je tiendrais longtemps.

Idriss semble horrifié.

-Va t’habiller, dit-il. On se retrouve dans dix minutes. Je t’emmène chez un ami médecin. Si tu rencontres mère ou père, dis que tu m’accompagnes à la boutique.

Accompagné de son frère, Aissa consulte un médecin. Ce dernier diagnostique une blennorragie.

-Je ne te cache pas que ton cas est sévère dit-il à Aissa.

-Y a t-il un remède docteur? demande celui-ci .

-Contre le mal, oui, mais pas pour le plus important.

-Qu’est ce que ça veut dire docteur?

-Cela veut dire que tu dois faire attention, arrêtez de courir les filles tous les deux! Il existe des maladies très dangereuses et qui se transmettent sexuellement. Aujourd’hui tu as la « chaude pisse », comme on l’appelle, demain qui sait ce que tu auras? Il se rappelle qu’Idriss avait déjà été rongé par ce mal, et lui, avait été dans la confidence.

Le docteur explique ensuite aux deux frères que la chaude pisse est contagieuse, et que Aissa a certainement dû l’attraper quand il a été avec une fille qui l’avait. L’état général de Aîssa indiquait que la maladie en était à ses débuts, il n’y avait pas d’écoulement de pus de la verge, et que les chances de bien le soigner étaient donc plus grandes. Sinon les conséquences risquaient d’être importantes.

-Je vais te prescrire un remède, c’est un calmant, termina le docteur, tu en prendras deux fois par jour, matin et soir, et repose-toi bien. Il est impératif de ne pas essayer de revoir la fille en question. Je ne sais pas si tu sais laquelle c’est.

Pendant toute la durée de l’entretien Idriss semblait sur des charbons ardents. Il ne savait pas s’il devait révéler quelque chose au médecin.

-Docteur, je dois m’entretenir avec vous, parvint-il à dire.

-Bien sûr, répondit son ami.

Aissa les laissa et alla dans la chambre attenante à celle du médecin et faisant office de salle d’attente. Il comptait sur son frère et sur leur complicité pour tout lui raconter plus tard. Entre temps lui ne chômait pas et faisait les yeux doux à l’infirmière du docteur, une petite française mignonne, qui avait l’air peu farouche.

Idriss sortit du cabinet du médecin et ils repartirent tous les deux vers le souk où travaillait l’aîné.

-Aissa, je ne te cache pas que l’affaire est plutôt sérieuse. Il faudrait peut être qu’on arrête nos virées.

-Quoi? Et pourquoi donc? demanda Aissa choqué.

-Parce que si on continue comme ça, tu le regretteras peut être toute ta vie.

-Je ne regretterai jamais nos soirées, les plaisirs qu’on y prend. C’est mille fois mieux que ce que la vie nous offre par ailleurs, un père guindé, une mère pas tendre du tout.

-Oui mais un jour tu auras peut être ta propre famille, et ils te rendront heureux, dit Idriss avec une lueur dans les yeux.

Aissa contempla son frère comme s’il le voyait pour la première fois. Il ne se serait jamais attendu à ce genre de diatribe de sa part.

-Idriss, mon frère, tu te sens bien? Que t’arrive-t-il?

-Rien du tout, dit idriss, c’est à toi qu’il risque d’arriver des choses si tu n’arrêtes pas de courir les filles.

« Moi je ne risque plus rien désormais », ajouta -t-il dans un souffle.

-Quoi, que veux tu dire?

-Je veux dire que j’ai attrapé une saloperie, et que désormais je n’aurais jamais d’enfant, et que mon fils mort-né était ma dernière occasion d’être heureux.

Et c’était aussi la dernière occasion pour rendre le vieux heureux, dit-il avec un sourire moqueur. Ça au moins je ne le regrette pas.

Aissa fut choqué par ce qu’il venait d’entendre, et en même temps il ne comprenait pas très bien. Il refoula la pensée que son frère était irrespectueux envers leur père-ce qui ne lui arrivait jamais, Idriss s’exprimait rarement au sujet de la famille- et s’inquiéta surtout de la première partie de la confession.

-Comment ça tu n’auras plus jamais d’enfants? Tu veux dire que tu ne te remarieras pas?

-Non, j’y suis bien obligé tu vois.

-Mais alors?

-Alors, j’ai attrapé le même truc que toi il y a un moment déjà, et il y a eu complication, et je ne peux plus avoir d’enfants.

Prémonitoire

2 février 2013

Hier soir je me suis mise à la recherche d’un texte que j’ai écrit depuis assez longtemps, et que j’ai gardé soigneusement. Un texte concernant les dieux de l’Olympe et une soit disant malédiction que chacun d’eux m’aurait lancée. Je n’ai pas trouvé le texte, mais je sais qu’il est quelque part et je continuerai de le chercher afin de le publier ici.

Mais j’ai trouvé autre chose, deux doubles feuilles d’examen remplis de mon écriture. J’avais totalement oublié cet épisode : j’étais en train de surveiller pendant la session d’examen. Il me semble que ça devait être un examen de trois heures, car sinon je n’aurai pas eu le loisir d’écrire autant. J’ai lu le texte et j’en suis restée éberluée. Le début d’une nouvelle d’anticipation, que j’ai laissé tomber par la suite faute d’idées. Mais rien que ces deux feuilles m’ont effrayée car ce que j’y ai trouvé, me rappelle ce que sommes en train de vivre actuellement en Tunisie et dans le monde entier.

Ce soir je vais saisir le texte et le publier sur mon blog et je vous laisse juges.

Hommage à mon père*

29 janvier 2013

29 ans déjà
29 ans qu’il nous a quittés
29 ans sans lui
29 ans que je vis la moitié d’une vie
car l’autre est partie avec lui
Je n’écris pas ces lignes pour lui
Mais pour qu’il ne sombre pas dans l’oubli
Ceux qui croient que la vie est éternelle
Sachez donc qu’elle est trop vite finie
J’assimile à quelques jours le temps que j’ai passé avec lui
Quelques jours équivalant à l’infini
une tendresse, un amour, une complicité inouïs
Mais Dieu était bien content de nous l’avoir repris
Mon papa chéri
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai
le restant de ma vie

(*)Chaque année, le 3 Janvier exactement j’écris un hommage à mon père, décédé ce jour là de l’année 1984.  Voici l’hommage de 2013.

Image

Dorénavant…

28 janvier 2013

J’ai décidé de faire deux recueils : un recueil d’histoires dont le point commun est de s’être passées dans un métro; et un deuxième recueil de récits de rêves et cauchemars. Ceci à côté des autres billets que je rédigerai, et qui concerneront d’autres domaines.

D’autre part j’ai décidé d’écrire tous les jours, même si je n’ai rien à raconter. D’après Jane Austen, l’un de mes auteurs de prédilection, il faut écrire tous les jours, et il ne faut pas s’éloigner de son environnement, son vécu. Ecrire, même des lettres, ou des notes, relater des faits.

J’ajouterai qu’il faut décrire ce que l’on voit, ce que l’on sait, ce que l’on sent. Peut être qu’à ce moment là je saurai ce qu’il faut écrire et comment l’écrire.

Mon rêve serait d’écrire une petite histoire accomplie, qui intéresse le lecteur. Une nouvelle à défaut d’un roman.

Alors passez par ici chaque jour, et lisez-moi.

Le type du métro…

27 janvier 2013

Certains livres sont des révélateur de bas fonds!

Parfois la lecture nous fait nous rendre compte de certains aspects pas très élogieux de nous-mêmes. On n’y pense pas du tout, ou alors pas souvent, mais quand on y est confronté, on est étonné par soi même.

Parfois un livre nous explique mieux des réalités sur nous-mêmes que n’aurait pu le faire la vie ou un psychologue.

Et Attentat, comme aucun autre livre, m’a fait réagir, sur moi-même et sur les autres. J’ai lu le livre d’une seule traite. J’ai apprécié et détesté à la fois. Une lecture qui est à la fois passionnante et dégoûtante.

Epiphane, le héros, Otos de son nom, est le type le plus horrible qui puisse exister, hideux, face en forme d’oreille, pas humain, dégoûtant, est amoureux d’Ethel, une déesse, une beauté parfaite, bref tout ce qu’il ne lui faut pas.

Et il décide de devenir l’égérie des défilés de mode, et il y arrive aidé par Ethel. Ce drapeau de la laideur devient le faire-valoir des mannequins lors des défilés.

Epiphane, vit mal l’entichement d’Ethel pour Xavier un artiste peintre, mais assez con parait-il?

Mais ce n’est pas pour l’histoire que j’écris ceci. C’est à cause de ce que j’ai découvert sur moi-même. Avec ce livre, Amélie Nothomb a réussi à faire jaillir en moi le bon et le mauvais. Elle va chercher tout au fond du lecteur ses plus bas instincts. Ce livre est un mélange de sadisme et de masochisme. Ces deux derniers se trouvent d’ailleurs chez tous les personnages et surtout chez Epiphane et Ethel.

Epiphane « rit » quand il se regarde dans un miroir. Il rit par plaisir et aussi par dégoût.

Epiphane n’hésite pas à dévoiler ses omoplates couvertes d’acné aggravée à un top model qui ne veut que coucher avec lui. Paradoxe.

Ethel fait du mal à Epiphane : comme si elle ne savait pas qu’il est parfaitement amoureux d’elle, elle n’arrête pas de lui parler de Xavier. Mais aussi, elle se fait du mal à elle même, en tombant amoureuse de Xavier, parfait ignare dans le domaine de l’amour et des femmes.

Tous ces exemples montrent que les personnages se font du mal et aiment faire du mal! Comme chacun de nous, de façon apparente ou très latente.

En lisant ce livre je n’avais qu’une envie, voir l’acné d’Epiphane et dégoûtée, la lui racler avec un instrument plat. Beuhhh, un truc à vomir quoi, mais je n’ai pas résisté à ce livre, c’est le cas de le dire.

Et, tout au fond de moi, durant la lecture, je n’ai cessé de me rappeler une histoire qui m’est arrivée il y’a de cela une dizaine d’années à peu près. J’ai rencontré dans le métro, un type, je ne voudrais pas dire hideux, mais je ne trouve pas d’autre mot. Quand la rencontre s’est faite, quand je me suis vue dans ses yeux le choc a été brutal, fulgurant, à tel point que je me suis arrêtée de marcher une seconde, puis baissant les yeux je me suis reprise et j’ai marché tout en modifiant mon itinéraire pour ne pas le rencontrer une deuxième fois. Je me suis maîtrisée par rapport à d’autres.

Une fillette accompagnée de sa maman, s’est mise à hurler, et sa mère n’arrêtait pas de s’exclamer, comme si c’était sa faute à lui, d’avoir cet aspect.

Les gens qui descendaient du métro, ont tous (sans exception, les plus sages, comme les plus farfelus) eu des réactions bizarres, certains ont fait demi-tour, d’autres l’ont dévisagé, d’autres, ont baissé la tête de façon anodine.

Mais tous, après le choc, ont cherché à le revoir, secrètement, ou de façon dévoilée. J’ai eu de la peine pour lui c’est sûr, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire comme eux. Tenter de le revoir, même de dos, ça se voyait qu’il avait un visage déformé. Je me suis cramponnée au bras de mon copain, avant de le revoir, mais le choc était moindre que la première fois. On s’attend à ce que l’on va voir. Le pire c’est que cet homme était accompagné par son ami, qui essayait tant bien que mal d’agir comme si de rien n’était, alors qu’il savait pertinemment que tous les yeux étaient braqués sur eux.

Tout cela pour dire, qu’Amélie a tout a fait compris l’essence de chacun de nous, le mélange de bien et de mal. Le sadisme et le masochisme présents en chacun de nous, grands ou petits, et le degré de discipline auquel certains sont arrivés.