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La déchéance

12 février 2013

La chute débuta le jour où je découvris que je n’avais guère de personnalité. Je ne pensais pas par moi-même, ni étais capable d’aimer ce que d’autres dénigraient. Ni de haïr ceux que d’autres encensaient. Les films que j’aimais, je les aimais par l’intermédiaire de quelqu’un d’autre.  Pareil pour les chansons. Les cours que je donnais à mes étudiants contenaient plus d’exemples que de théorie, comme si j’étais convaincue que la théorie me dépassait, ne m’appartenait pas, ou même que je ne la saisissais pas, la comprenant assez mal et difficilement. Les dessins que je faisais à une époque, les textes que j’essayais d’écrire avec trop de difficulté, rien ne m’appartenait. Tout venait de chez les autres. De viles copies, aucune création, aucune créativité.  Les idées des autres, les goûts des autres, les vies des autres, les inventions des autres. Tout ce dont je semblais être capable, c’était de lire et d’apprécier un livre. Sans pour autant avoir les mots pour décrire mes émotions, mes sentiments. Regarder un film, sourire ou pleurer, je n’allais pas plus loin que ça dans mes critiques et pourtant Dieu sait si j’aimais le cinéma. Ah, le cinéma. Il me manque beaucoup dans ces rues sales et malodorantes. J’ai essayé une fois de me faufiler dans une queue devant un cinéma dans le 14ème, mais une de mes voisines, retroussa le nez et me regarda de haut comme si elle découvrait pour la première fois de sa vie l’existence minuscule et inutile d’une fourmi. Elle se mit à brailler, en faisant des remarques sur le « niveau de certaines salles de cinéma de nos jours » et « Ah, si je savais, je n’aurais jamais pris cet abonnement », « Ils vont m’entendre » ou encore, « qui ne laisse-t-on pas entrer de nos jours »…etc. Elle réussit à ameuter toute la foule de devant et de derrière autour de moi et un mec très sympathique sortit des rangs pour aller se plaindre aux employés dans le hall d’entrée. Enfin, j’imaginais cela car deux minutes plus tard, je vois surgir devant moi, un gentil bonhomme timide, portant des lunettes assez épaisses pour faire un fond de chaudron et qui se mit à balbutier en s’excusant presque. Je ne saisis pas les mots mais seulement le sens.

« Vous voulez que je m’en aille ? »   dis-je pour lui éviter plus d’embarras.

«  S’il vous plaît …Les salles ne sont pas autorisées aux SDF » réussit-il à dire.

Même si je doutais de ses paroles, j’étais presque sûre qu’aucune loi n’existait dans ce sens là, et avec un mal déchirant dans le cœur, je me trainais loin d’eux en jetant avec envie un œil sur l’affiche. Quand je pense que cette mégère m’a fait rater Hanks et Di Caprio dans un même film, j’ai envie de la tuer, comme ça, d’un coup de baguette magique. Vivement un sortilège de la mort. En y réfléchissant c’était mon choix cette vie de paria, j’aurais pu continuer tranquillement ma vie, là bas en Tunisie, et regarder des CD minables, sur un ordinateur minable, qui marche un jour sur cinq. Mais, non, j’ai choisi de consacrer un peu d’argent pour revenir à Paris, sans vraiment chercher de situation et mener cette vie en marge de la société.

Je suis quand même heureuse. C’est moi qui jouis le plus de la ville.

Rêve….destination finale 6

28 janvier 2013

Je sors d’un hôtel ou d’un hôpital (je n’en sais pas plus), mon mari vient me chercher dans ma Golf, garée pas trop loin, en m’approchant de la portière côté passager je me rends compte que ma voiture a été heurtée, et les dégâts se voient sur tout le côté droit. Je ne me fâche pas beaucoup, ça me fait juste un peu mal au coeur et je dis : « Zouhair (le prénom de mon mari), comme d’hab tu m’as bousillée ma voiture?! »

Ensuite je monte et il y a trois passagers -que je ne connais pas- qui montent avec nous à l’arrière. On démarre et Zouhair roule très vite à mon goût, en traversant une route, il ne vérifie pas la circulation, trop tard, on est engagés et je vois un navire immense remorquée par un véhicule invisible, qui arrive vers nous à toute vitesse. On arrive à passer de justesse, mais … CHLAAAAAAAAAAAAAAAAAAAKH, il nous heurte par derrière, je sens le vent s’engouffrer violemment dans la voiture, tout le monde crie, je sens l’arrière de ma tête et mon oreille gauche exploser, je n’ose pas me retourner, car j’ai trop peur de voir ce qui s’est passé avec les trois passagers. J’entends des gémissements à l’arrière, je leur demande s’ils vont bien, l’un d’eux répond par monosyllabes, trop choqué ou peut être blessé.

Plus tard, on est sur une voie assez large et on roule encore, on se dirige vers un hôpital je pense. Tout à coup, Zouhair s’arrête et descend de voiture pour vérifier un truc, je lui dis bien que c’est pas le moment. Et voilà! La voiture qui se met à reculer toute seule, de plus en plus vite, je panique, Zouhair se met à courir, très vite, (comme Gump* 😉 ) mais ne nous rattrape pas, je ne veux pas aller vers le siège conducteur, j’ai toujours très mal à la tête et j’ai peur de bouger. J’attrape le frein à main et essaie de lever doucement, la voiture fait un embardée vers la gauche par l’arrière, on se retrouve en train de traverser l’autre voie avec les voitures qui viennent à toute vitesse vers nous. Quatre rangées de voitures, on dirait même quelques voitures de rallyes parmi elles, des BMW tunées, un peu penchées comme dans une vraie course. Là je n’hésite plus et en fermant les yeux décide de changer de place et de freiner. Je ne sais pas comment mais aucune voiture ne nous touche, et on arrive à s’arrêter, Zouhair arrive à bout de souffle.

Et….. je me réveille, j’ai la tête et l’oreille gauche en compote, je venais de me rendormir après le départ de mon fils aîné à l’école, je n’ai pas pris la peine de remettre l’oreiller en place, il était trop dur et trop haut.

Oui, mais c’était pas la peine de me faire le remake de « Destination finale » pour ça!!!!!

* Gump : Forrest Gump.