Poussière

3 janvier 2017

Poussière on était
Poussière on redeviendra

Ça n’ a rien à voir avec la religion.

Cette semaine j’ai fait un drôle de rêve. Hassen (voir ici  https://amina31.wordpress.com/2015/02/24/hassene/ ) est venu me voir et m a dit :

« Je me sens comme une poussière dans un système interorbital. Je vais me téléscoper à fond pour essayer de tout découvrir.  »

C’est exactement ce qu’il a dit. Je le sais parce que je me suis réveillée et que j’ai enregistré la phrase sur mon téléphone.
Je ne savais même pas que le terme « interorbital »  existait. Si. J’ai vérifié.
Se téléscoper veut dire autre chose que se lancer. Mais cette erreur je l’impute à Hassen. Ou c’est peut être son originalité.

Je dois dire que ce rêve m’a beaucoup marquée.
Et m’a mise de bonne humeur aussi.

Ps : un psy quelque part? 🙂

#3Janvier1984 Silence

3 janvier 2017

Certains ne s’attendaient peut être pas

A ce que je ne dise rien aujourd’hui

J’y ai pourtant songé

Me taire pour une fois

Garder tout pour moi

Je n’ai peut être pas grand chose à dire

Je sens parfois que je suis lourde

Que j’exagère

Que j’abuse de votre sollicitude

Foutaises que tout cela

Des histoires j’en ai des centaines

Des choses à dire, un millier

Que j’abuse, jamais

Lisez si vous voulez

Ou passez votre chemin

Chaque année j’essaie de raviver la mémoire de mon père

J’essaie de rappeler qui il était

Ce qu’il était pour moi, pour nous tous qui le connaissions

Pour ceux qui le connaissent à travers moi

Ils ont peut être tué son corps

Mais son âme est toujours là

Ses traits, ses manies que je vois dans mes enfants

Je lui parle comme s’il était là.

Peut être qu’un jour j’arrêterai d’en parler

Peut être

Qu’à ce moment-là je l’aurai rejoint.

#3Janvier1984 #3Janvier2017

3 janvier 2017

33 ans déjà.

Un jour le décompte s’arrêtera

Et je te rejoindrai

Mieux vaut croire en celà

Que ne croire en rien

Je t’aime Papa.

 

Mimi

 

 

Coupable

14 décembre 2016

Ton père

Ton violeur

Ton juge

Et les témoins

T’ont déclarée

« Coupable »

Coupable d’enfance

Coupable de pureté

Coupable de faiblesse

Tu t’es laissée faire

Tu l’as séduit

Lui est innocent

Il s’est fait embobiner

Par ta candeur

Tu t’es fait convoiter

La luxure c’est toi

Lui n’est coupable de rien

A treize ans on peut mourir

Non pas une fois

Mais deux

La première quand tu es violée

Et la deuxième quand tu es mariée

Tu es entrée dans un tunnel sombre et sans fin

Jusqu’à la fin de tes jours

Tu subiras le même assaut

Au dessus de toi, il te forcera

Comme la première fois

Même cauchemar

Même torture

Jamais tu n’oublieras

Et ce sera ta punition

De t’être laissée faire

De t’être fait convoiter.

 

 

 

 

PS: En Tunisie (pays prétendument précurseur dans le droit des femmes) une petite fille, une enfant, a été violée. Ensuite, elle a été mariée à son violeur?!

Selon une loi barbare (227 du code pénal), si le violeur consent à se marier avec sa victime, toutes les charges sont abandonnées.

Si le mari veut divorcer avant 2 ans depuis la date du mariage, les charges sont reprises.

Si elle veut divorcer, on s’en fout.

Voici le fameux article :

Article 227 bis (Nouveau)

Est puni d’emprisonnement pendant six ans, celui qui fait subir sans violences, l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de quinze ans accomplis.
La peine est de cinq ans d’emprisonnement si l’âge de la victime est supérieur à quinze ans et inférieur à vingt ans accomplis.
La tentative est punissable.

 

Attention, on ne dit nulle part « viol« . On dit : « Je te fais subir un acte sexuel sans violences ».

Faire subir et sans violences, ne se conjuguent pas dans une même phrase déjà.

Et si je fais subir sans violences un acte sexuel à un enfant de sexe masculin? On fait quoi, je me marie avec lui?

Ou les garçons ne peuvent pas être violés? Ou alors on peut et on ne craint rien côté justice?

Quelque part il y a aberration. Et je suis enragée. Nous sommes plusieurs à être enragés. Mais nous sommes coupables aussi si on ne fait rien.

 

 

 

Les graphies du son k

29 novembre 2016

Le képi du flic est sur la direction. A côté du volant il y a le klaxon. La clameur de la foule me casse les oreilles, je claque la vitre pour ne plus les calculer. Le silence de l’habitacle me calme les nerfs. Merci mon dieu, je suis requinquée. Ecrit après avoir trinqué avec une vodka tonique.

La maîtresse de mon fils lui a demandé d’écrire un paragraphe avec les graphies du son « k ». Voici ma participation. Heureusement que je ne l’ai pas envoyée.

Hommage 2016 II

31 mai 2016

Je sais que tu m’entends

Où que tu sois

Je sais que tu es dans un endroit magnifique

Et que tu nous attends patiemment

Je sais que tu nous vois

J’en suis convaincue

Tu es à côté de moi

Je le sens tous les jours

Bon anniversaire à toi

Tu seras à jamais dans mon cœur

Et je te rejoindrai

Quand le temps voudra

Je me blottirai dans tes bras

Pour l’éternité.

Papa.

 

 

Noury Bouraoui né le 31 Mai 1922.

Décédé le 3 Janvier 1984.

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Hommage 2016 I

31 mai 2016

En Jebba ou en Smoking
Avec une berbère ou avec Marilyn
En Marcel ou chez le président
En voiture ou à motocyclette
A la plage ou à la campagne
Tout te va tout te sied

Nouveau croquis

25 mai 2016

Ça faisait longtemps que je n’ai pas dessiné. 
Ce samedi j’ai pris un carnet et des crayons et je me suis lancée. 
Voilà le résultat. 
So, who is it?

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Témoignage 5

18 mai 2016

Mon premier souvenir de l’après opération est drôle. Je suis allongée bien sûr, et un visage se penche sur moi, encore un  beau mec, barbu mais beau. (Il n’est pas habillé en rouge, je ne suis pas en enfer, il n’est pas habillé en vert, je ne suis pas au paradis, il est en bleu, hourrah, je suis en vie). Et du coup je tends la main et lui caresse le visage, le mec n’en revient pas.

« Oh, elle est gentille ! ».

Je ne sais où je suis allée chercher un tel raisonnement, mas ça devait être l’effet de l’anesthésie, ça te remet le système à zéro et on en revient à une logique à deux balles, binaire, primaire, avant de refaire un apprentissage, mais rapidement.

Bénie soit la jeunesse qui fait qu’on ne s’inquiète pas de son état malgré sa gravité. Mais après l’opération je me réveillais avec une autre conscience. Celle de la vie. Finalement j’y tenais, je ne lui étais pas indifférente, et elle ne m’était pas indifférente.

Témoignage 4

18 mai 2016

Là je devais encore attendre, il devait être minuit ou une heure du matin. Il faut dire que ça faisait peut être 48 heures que j’étais déconnectée. Entre-temps, un ami arriva, le cousin de mon ex qui m’appréciait beaucoup. Entre lui et Aïda je ne me sentais pas seule, mais j’étais dans un état second. Et une fois que j’avais compris et intégré la chose, je me laissais plus ou moins faire, ma résistance fléchissait. La première défaillance vint quand j’eus envie d’aller aux toilettes. Ahmed m’y emmena-toute honte ou fausse pudeur n’avait pas lieu d’exister- mais l’effort du pipi m’acheva, je m’évanouissais sur place.

Je me réveillais, j’étais dans une chambre et une femme s’affairait autour de moi à me laver avec une éponge, et m’épiler avec un rasoir. Je frissonnais, j’avis froid, je suais, toutes mes sensations étaient bizarres, faussées. Je me souviens que la dame avait l’air typée -comme ils disent là bas-, et effectivement elle me dit s’appeler Zina et me souhaita bonne chance en partant.

Tout de suite après elle fût remplacée par une infirmière qui vint me sucer le sang (façon de parler, elle me retira du sang), en m’expliquant que ce serait nécessaire pour avoir mon type et pour me le réinjecter au cas où on en manquerait (mais qu’est ce que j’en ai à foutre, bon sang, faites ce que vous avez à faire et laissez moi tranquille). Pourquoi se sentaient ils obligés de me raconter leurs vies, hein ?

Il devait être 4h, ou 3h du matin. Je n’en avais aucune idée. Le reste de la nuit se passa dans un brouillard. Le matin le médecin vint me voir et m’informa que j’étais la deuxième sur sa liste après une autre urgence. (Moi qui croyais être ce qu’il y avait de plus urgent, il faut croire qu’il y avait pire, ou pas ?)

On commence à me préparer, peut être vers 10 h du matin. Un type s’approche de moi :

– « C’est vous la Tunisienne ? »

J’acquiesce, car je ne parlais plus. Il m’embrasse sur le front.

– « Je suis le Dr Taïeb, et je suis d’origine Tunisienne, je serai votre anesthésiste, bonne chance ma belle ».

J’en avais les larmes aux yeux. Un juif tunisien, solidaire avec une tunisienne musulmane, vierge de 28 ans. Il fut le seul à ne pas m’en faire la remarque.

On m’emmène au bloc, et pfiiiiiiiiiiiiiiiit, ma mémoire est vaporisée à partir de cet instant. Oh, si un souvenir quand même, l’anesthésiste qui me dit de commencer à compter, je le regarde d’un air dédaigneux (est ce que j’ai l’air de pouvoir compter ?). Résultat, il se met à compter tout seul et moi je ferme les yeux pour lui et flop, je suis plus là.

Il paraît que ça a pris des heures, des plombes.